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articles chats et chiens |
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Le chat "tyran" |
Paru dans Santé Pratique Animaux : n° 2 avril 2003, p.8 à 9
Depuis
quelques années les statistiques montrent que le chat a supplanté
le chien dans les foyers français.
Autant le chien s'est modifié au contact des humains et se laisse encore
façonner par eux, autant notre petit félin ne s'en laisse pas
conter. Très indépendant, il demeure un animal grégaire
recherchant la compagnie humaine pour le gîte, le couvert et les câlins.
Le chat domestiqué plus tardivement que le chien, n'a pas beaucoup
changé en comparaison de son ancêtre sauvage si ce n'est que
l'homme l'a infantilisé. Sa relation avec lui est donc de type mère-enfant
et son mode relationnel très souple fluctue entre la vie de groupe
et la solitude. Il arrive parfois que notre chat familier se comporte en vrai
tyran.
C'est le cas de MINOUX qui saute sur la table de ses maîtres, juste au moment du repas, se sert dans les assiettes, miaule s'il n'obtient rien, et si le maître ne comprend pas, attrape avec ses griffes le morceau de viande piqué sur la fourchette, avant qu'il n'arrive à la bouche du convive. Une fois ces mauvaises habitudes prises, il ne voit pas de différence lorsque des invités sont attablés ! C'est
aussi l'opportuniste PRINCESSE qui découvre comment ouvrir le
réfrigérateur afin de se nourrir en libre
service. |
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Comment,
pourquoi peuvent-ils devenir ces despotes ?
A leur arrivée dans la famille, ils n'ont pas reçu l'éducation
nécessaire à une vie communautaire agréable. Ils n'ont
pas eu d'interdits ou bien petit à petit les maîtres leur ont
permis de les transgresser. Pour certains, un sevrage mal pratiqué
dans la petite enfance ou une sous-alimentation a pu entraîner la boulimie
qui les pousse à une quête frénétique d'aliments.
D'autre part c'est un " grignoteur ". Il préfère à
l'opposé des canidés, de nombreux petits " en-cas "
à seulement deux gros repas. Son instinct de prédation reste
toujours très présent et le chapardage est monnaie courante
; c'est au maître d'être très attentif afin de ne pas laisser
à sa portée la viande tentatrice.
Pour un chat, sauter sur une hauteur n'est pas un signe de dominance, comme
pour le chien, mais un instinct ancestral, celui de franchir un mur pour visiter
ses territoires, de sauter sur une branche pour attraper un oiseau, de se
choisir un promontoire où dormir…. La maison est son domaine
de vie, pas celui de ses maîtres. Il est coutumier de dire que "
le maître habite chez son chat ".
Le
maître qui répond au chat " mendiant "
en lui donnant la nourriture quémandée
" instrumentalise " ce comportement. Plus simplement,
le chat voit sa requête récompensée par l'obtention d'aliments,
il est donc encouragé à réitérer cette demande.
Encore faudrait-il avoir la volonté de ne pas lui céder…
Un autre type de tyran est FELIX qui saute sur les pieds de ses maîtres à chaque passage près de lui. Le " malin " peut aussi se mettre à l'affût, se jeter sur les mollets, s'agripper et mordre. Il s'agit d'un animal qui manque de stimulations, qui ne joue pas assez ou qui ne peut sortir en extérieur pour assouvir son instinct prédateur à la recherche de sensations diverses. Il a besoin de dépenser son énergie et veut attirer l'attention du maître. Les cris de ce dernier, sa réaction de fuite ou même la punition incitent " minou " à recommencer.
Le dernier cas sera celui de
GRISOU qui se retourne sur la main du soigneur, du maître qui le caresse
ou le toilette. Là, il réagit agressivement
par autodéfense. Chaque chat possède un seuil de tolérance
aux contacts physiques et réagit promptement si ceux-ci sont trop appuyés,
insistants ou deviennent intolérables.
A l'inverse du chien il n'est pas toujours prêt aux câlins. C'est
lui qui décide du moment de la caresse et de son arrêt, gare
à celui qui ne repère pas les signes annonciateurs de la saturation.
Il est préférable de cesser dès que la queue du chat
fouette latéralement, que sa pupille se dilate et que ses oreilles
s'aplatissent en " casquette ".
Sauf pour les races crées par l'homme, comme le Ragdoll conçu pour la vie en appartement, le chat équilibré et heureux est celui dont le maître a bien compris que ses besoins sont d'une part ceux d'un animal grégaire mais individualiste recherchant sécurité, confort et calme dans son domaine de vie, mais aussi d'autre part ceux d'un prédateur territorial aimant parcourir régulièrement ses différents territoires et donc entrer et sortir à sa guise. Notre félidé est avant tout un territorial qui a besoin d'espace pour délimiter des aires de repos, d'élimination, d'alimentation et de chasse.
Texte de F.GAUDRON
Le
chat se promène tout seul… |
Paru dans Santé Pratique Animaux : n°3 mai 2003, p.8
Notre
chat domestique, tout comme le
chat sauvage, partage ses lieux de vie en aires
distinctes :
- aire principale : une pièce de la maison avec un
" nid " où dormir.
- aire discrète où il va éliminer :
le jardin.
- aire de jeux, de toilettage. Et enfin,

- un vaste territoire plus éloigné, destiné
à la chasse. D'autres chats le partagent avec lui mais évitent
de le parcourir aux mêmes heures. Le chat relie ces espaces par des
chemins qu'il marque régulièrement de griffades, d'urine ou
de phéromones .
- un territoire neutre où il aime rencontrer ses congénères
pour des rassemblements pacifiques et conviviaux.
Que d'activités dans une journée ! Très régulièrement
il revient au gîte pour manger, dormir et se faire câliner.
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Une
chatière permettra d'éviter de jouer les portiers. Mais attention, le chat des villes qui est laissé libre d'aller et venir, court de plus grands risques que le chat des campagnes. Attention également à la perte des repères après un déménagement. Bien sûr le chat est heureux en liberté mais c'est parfois au prix de sa vie et souvent à celui de la tranquillité de ses maîtres. |
Le Siamois et certains chats sont capables de se promener en laisse avec leurs maîtres ou même de le suivre partout où il va.
Texte de F.GAUDRON
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Le
comportement alimentaire de votre chat. |
Traduction
anglaise : Your Cats Behavior Towards Food
Article paru dans Santé
Pratique Animaux n°4 juin 2003 p.7/8
L 'ancêtre sauvage du chat, le chat ganté africain[1] domestiqué depuis près de 5 000 ans se nourrissait déjà de petites proies : rongeurs de petite taille, insectes, lézards et jeunes oiseaux. Dans les contrées asiatiques, le chat sauvage nommé Chat viverrin ou chat pêcheur[2] se nourrit de poissons qu'il pêche avec sa patte, ses griffes servant d'hameçon.
Le
chat est un prédateur, carnassier qui passe 25 à 30% de son
temps à chasser et se nourrir.
Cet habile chasseur recherche ses proies surtout au crépuscule et à
l'aurore. Chasseur solitaire, il n'accepte aucun congénère.
Seule la mère chatte voulant apprendre à ses petits la technique
de la chasse se laisse accompagner. Les séquences de chasse se succèdent
:
- d 'abord la recherche d'une proie,
- puis l 'embuscade ou affût,
- la poursuite,
- le saut final de mise à mort par bris du rachis [4]
- et enfin le dépeçage de la proie.
Pour
chasser il utilise ses sens très développés

o Sa vue lui permet de voir
les proies en pénombre, surtout lorsqu'elles sont en mouvement, grâce
à de nombreux bâtonnets (cellules sensorielles de la rétine
pour la vision de nuit avec les cônes pour la vision de jour) et un
tapis réfléchissant du fond de l'oeil.[5]
o Son ouïe très
fine est sensible aux sons aigus et aux ultrasons. (entend le moindre déplacement
dans l'herbe et le cri des rongeurs)
o Son goût et son odorat développés
dès la naissance jouent un rôle important dans la quête
d'aliments.
Goût et odorat sont solidaires puisque les félins possèdent
dans le palais, une cavité nommée organe de Jakobson ou voméronasal
qui leur permet de "goûter" les odeurs diffuses dans l'air.
La grimace produite à ce moment est appelée "réaction
de Flehmen"
________________________________________
[1] Felis libyca
[2] Felis viverrina
[4] Colonne vertébrale au niveau de la nuque.
[5] Système spécifique d'intensification des informations lumineuses
agissant comme un miroir réfléchissant - tapetum lucidum-, situé
à l'arrière de la rétine. (Yeux phosphorescents) Il renvoie
la lumière vers les cellules rétiniennes. La rétine est
tapissée d'une membrane réfléchissante : la choroïde
________________________________________
Et
notre chat actuel ?
Il se nourrit toujours à la manière de ses ancêtres lorsqu'il
est libre ou sauvage. Opportuniste, il mange ce qu'il trouve. Notre chat familier,
lui, a bien changé ses habitudes car l'homme moderne recherche la facilité
pour l'alimenter et trouve des aliments tout prêts et bien équilibrés
: pâtés ou morceaux en gelée ou encore cuisinés
en boîte, en barquettes ou croquettes sèches diverses. Cela n'empêche
pas notre petit félin de chasser : attention à votre poisson
rouge !
Des études ont montré que la chatte pouvait influencer ses chatons,
par imitation, entre la 5ème et la 7ème semaine quant à
leurs préférences alimentaires. L'alimentation de la chatte
gestante pourrait aussi jouer sur les goûts du chaton.
Si l'éleveur varie les mets en période de sevrage, le chaton supportera toute sorte d'aliments, et ne sera pas un adulte difficile à nourrir.
Les chats sont méfiants et sélectifs face à un nouvel aliment. Fins gourmets ils aiment changer de menus. Certains supportent la monotonie quelque temps, puis se lassent. Ils savent signifier à leur maître quelles sont leurs préférences. Notre "minou" serait capable de refuser toute nourriture, même au péril de sa vie, s'il n'aime pas un aliment.
Chaque
chat a ses propres préférences alimentaires, c'est à vous de les déceler. |
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Il est donc nécessaire
de varier ses aliments mais faites très attention : Le chocolat (cacao)
et les oignons sont des poisons pour son organisme.
Il est déconseillé de changer brutalement l'alimentation du
chat, c'est-à-dire de passer d'une nourriture humide aux croquettes
sous peine de problèmes intestinaux : afin de l'habituer à un
nouvel aliment, introduisez une petite quantité dans sa pâtée
habituelle puis augmentez-la progressivement. Le mieux est de lui présenter
diverses sortes d'aliments dès le début.
Notre chat est très délicat. Il a une prédilection pour la vaisselle en verre ou porcelaine, toujours bien propre, et ne supporte pas tous les produits à vaisselle. Des fantaisistes ne veulent pas certaines couleurs pour leur assiette, d'autres préfèrent l'avoir à droite d'autres à gauche de leur bol d'eau. Il a horreur de manger près de sa litière. Comme on le comprend !
Comme nous l'avons vu, le chat est un "grignoteur".
Il aime manger des petites quantités mais très souvent avec
une tendance très marquée pour la nuit. Chaque prise est minime.
Ses habitudes horaires et alimentaires se plient à celles des humains.
En général, les chats privilégient les aliments en morceaux
qui sont à température environnante ou 38° (celle de ses
proies )
Il semble bon de distribuer la nourriture en libre service. Si le maître est présent, il pourra lui donner des petits "en-cas" à chacun de ses passages. Mais attention de bien respecter la ration journalière car certains boulimiques, chattes stérilisées ou matous castrés ne sauront pas s'arrêter ! Le chat très proche de ses maîtres aime à les imiter. C'est ainsi que certains chats se mettent à table avec leur maître, prennent leur alimentation avec la patte pour la porter à leur gueule, d'autres se couchent le long de leur écuelle et mangent avec la patte.
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Le
chat fait aussi une consommation modérée d'eau.
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Les
chats adorent consommer certaines plantes, entre autres la
cataire appelée communément "menthe à chat"
ou "herbe à chat".
Par exemple : Notre chat "Baby" adorait se frotter contre la menthe
plantée dans le jardin par notre fille et en croquer les feuilles.
Nos petits félidés raffolent de certains végétaux
comme la valériane, l 'olivier, le thym... Si vous vivez en appartement,
votre animal sera ravi que vous mettiez un pot de cataire sur votre balcon
ou dans un coin de l'appartement.
Parfois le chat préfère vos plantes vertes mais il faut se montrer
vigilant car certaines comme le dieffenbachia, philodendron, amaryllis, muguet,
yucca, ficus, jacinthe, tulipe, jonquille, narcisse, lis, rhododendron, bégonia,
laurier-rose et bien d 'autres sont toxiques.
Nous savons que psychologiquement la relation à la nourriture dépend de notre affect (cas des anorexies), de notre environnement et de notre état de santé. Il en va de même pour votre chat : Pour apprivoiser un animal, il suffit d'utiliser la nourriture pour diminuer sa distance de fuite et commencer detisser un lien avec lui.
La manière dont le chat se nourrit est donc un"baromètre"
pour son maître.
Lorsqu'il refuse sa nourriture plus de 2 à 3 jours, il faut se poser
différentes questions :
- Mon chat a-t-il la nourriture
qui lui convient ?
- Son odorat fonctionne-t-il bien ?
- N'est-il pas malade ?
- N'a-t-il pas subi un stress lors de la dernière ingestion d'aliments
?
- N'a-t-il pas été stressé par un changement dans son
environnement ?
. Arrivée ou absence
d'un autre chat, d'un autre humain, déménagement, changements
dans l'appartement...?
. Disputes familiales.
. Grands bruits inhabituels.
- Ma relation avec mon chat n'est-elle pas excessive ?
- A-t-il été bien sevré ?
Autour de la nourriture, de nombreux comportements anormaux peuvent apparaître comme :
Le pica : chat qui dévore
tout ce qui se présente même les objets non ingérables,
la boulimie,
l'anorexie : refus de s'alimenter,
la polydipsie : consommation excessive d'eau,
le téteur de laine ou mangeur de tissus.
Un
chat "bien dans sa peau de chat"
qui dépense son énergie dans les
jeux et sorties dans la nature, qui lie une relation harmonieuse avec
son maître s'alimentera de façon normale et satisfaisante.
|
Texte de F.GAUDRON
_______________________________________________________
Références
WOLTER en 1982
1984 Mac DONALD et coll.
1980 MUGFORD et THORNE
Séminaire Société Francophone de Félinothechnie
" Le comportement du chat "
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Comparaison
des comportements alimentaires du chat et du chien. |
Texte
co-écrit par Françoise GAUDRON et Laurence BRUDER comportementalistes |
dans
les Dernières Nouvelles d'Alsace
du 22 Février 2004 |
Le chien et le chat faisant partie de deux espèces différentes, leur relation à la nourriture n'est pas du tout la même.
Les
comportementalistes recommandent de donner au chien sa ration de
nourriture et d'enlever la gamelle au bout de quelques minutes, qu'elle
soit vide ou pas. Ce conseil illustre la façon dont l'animal se nourrirait
à l'état sauvage : les proies ne passent pas tous les jours à la même
heure devant son museau, il a donc tout intérêt à manger lorsqu'il en
a la possibilité. Il arrive pourtant que les maîtres laissent la nourriture
à disposition toute la journée. Cela comporte des inconvénients : outre
le fait que les aliments semi liquides se conservent mal, manger à sa
guise est un privilège d'individu tenant un rôle élevé dans la hiérarchie
familiale. Bien sur, le fait de se prendre pour un dominant ne dépend
pas de ce seul précepte, mais il fait partie d'une somme de " détails
" qui ont leur importance. |
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Le
chat, lui, est un " grignoteur " il aime manger de petites quantités
mais très souvent, (attention aux boulimiques !). Chaque prise doit
être minime. Il a souvent une tendance très marquée pour les repas nocturnes
et fait une consommation modérée d'eau. Il privilégie en général les
aliments en morceaux qui sont à température ambiante. Cependant chaque
sujet a ses préférences alimentaires, c'est au propriétaire de les déceler
! |
Fin gourmet il aime changer de menus. Contrairement au chien, il n'apprécie pas trop longtemps la monotonie.
Il sait signifier à son maître quelles sont ses préférences. Notre " minou " serait capable de refuser toute nourriture, même au péril de sa vie, s'il n'affectionne pas un aliment.
Très délicat, il a horreur de manger près de sa litière. Il a une prédilection pour la vaisselle en verre ou porcelaine, toujours bien propre, et ne supporte pas tous les produits de lavage.
Quel que soit votre compagnon (chien ou chat), ne perdons pas de vue la valeur symbolique que représente l'acte de nourrir un être vivant : il est aussi un baromètre révélant la nature de notre relation.
F. GAUDRON et L.BRUDER
L'intégration
du chien ou du chat dans la famille déjà constituée. |
Texte
co-écrit par Françoise GAUDRON et Laurence
BRUDER comportementalistes
dans
les Dernières Nouvelles d'Alsace du 16 Novembre 2003

Teddy et Upsy
Si vous souhaitez agrandir la famille avec un nouvel animal, voici quelques conseils pour vous aider à instaurer un équilibre entre tous.
Tout d'abord, il vaut mieux éviter d'attendre trop longtemps pour introduire un second animal car le premier arrivé peut avoir plus de difficultés à accepter le nouveau. Deux chats mâles, un chaton et un chiot, ou encore un individu adulte avec un jeune, s'habituent plus facilement l'un à l'autre.
Un chat avec un chat.
Pour deux chats, le maître prévoira pour chacun une gamelle, un bol et une
litière. Pour introduire un(e) chat(te) adulte dans la " meute " déjà constituée,
il est important d'isoler l'arrivant dans une pièce durant 5 à 8 jours, où
il trouvera un panier où dormir, à manger, à boire et sa litière Chaque jour
laissez le explorer une autre pièce hors de la présence de l'ancien propriétaire
des lieux. Puis organisez la première confrontation, qui doit être courte.
Augmentez progressivement le temps de ces rencontres journalières. Soyez très
vigilant et laissez une possibilité de fuite au nouveau chat. Les félins ont
des manifestations vocales impressionnantes pour intimider le vis-à-vis et
attention, un coup de griffe est vite parti !
|
Un
chien avec un chat. Il faudra faire en sorte que le chien n'ait accès ni à la nourriture, ni à la litière de " minou " qui serait perturbé. Le chat doit avoir la possibilité de s'isoler dans toutes sortes de situations et à tout moment (arbre à chat ou pièce fermée au chien). |
Attention aux chiots, souvent très curieux et un peu patauds, qui pourraient inquiéter un chat peu habitué à cette agitation.
Il vaut mieux s'abstenir de provoquer les contacts, par exemple en bloquant le chat dans les bras pour que le chien le flaire. Une certaine neutralité sera de mise : on peut être attentif au bon déroulement des relations débutantes, sans intervenir trop vite. Le chat ayant une vision de son territoire différente de celle du chien, il n'aura pas tendance à l'affronter sur ce point. Avec de la patience et du temps la cohabitation deviendra des plus harmonieuse.
F. GAUDRON et L. BRUDER

Dessin de Grégory
Les relations chien/chatTexte co-écrit par Françoise GAUDRON et Laurence BRUDER comportementalistes animaliers
dans les Dernières Nouvelles d'Alsace du 05 Octobre 2003
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Les relations entre ces deux espèces bien différentes peuvent se montrer des plus harmonieuses ou au contraire conflictuelles. En effet, leur langage et leurs comportements sont loin d'être identiques. Chasseur nocturne qui se met à l'affût, le chat prend facilement la fuite alors que le chien chasseur de jour poursuit ses proies. Pour faciliter l'entente entre chien et chat, l'idéal est de les adopter ensemble dès le plus jeune âge. |
(Dessin de Chriske) |
Si l'éleveur ne les a pas mis en contact fréquemment, et très tôt afin de faciliter une éventuelle cohabitation chez le futur maître, il ne faut pas hésiter à lui demander de le faire.
Au cours de leur vie commune, il y aura probablement quelques confrontations entre eux. Elles sont utiles puisqu'elles apprennent à chacun quelle est sa place et quelles sont les limites à ne pas dépasser.
Pour favoriser leur entente, il est important que les propriétaires adoptent une attitude calme, et n'interviennent qu'à bon escient. Une bonne éducation de chacun des protagonistes sera propice à leur conciliation. Certaines postures semblables n'ont pas la même signification : couché sur le dos, un chien se soumet, un chat lui, va attaquer. Il peut y avoir incompréhension mutuelle des attitudes de l'autre, mais elle pourra se modifier au cours de leur cohabitation. Il y a tout de même quelques règles à observer de la part de chacune des parties. Le chien apprendra qu'il n'est pas souhaitable de confondre le félin avec une " baballe ", et qu'un minimum de retenue s'impose avec lui. Le fait que " minou " aime prendre ses repas et dormir en hauteur, ou qu'il accapare les genoux du maître, le situe à la place de dominant vis à vis du chien qui le respectera d'autant plus. Le chien, animal de meute, admettra facilement un nouveau compagnon.
Grâce à l'observation attentive et en se gardant de toute intervention intempestive, les maîtres favoriseront une cohabitation harmonieuse entre un petit félin et un chien qui trouveront toujours un mode de communication bien à eux.
F. GAUDRON et L. BRUDER

L'anxiété
de séparation : Sachez
l'anticiper |
Texte co-écrit :
Françoise GAUDRON et Danièle MIRAT
comportementalistes
paru dans Santé
Pratique Animaux n°7 octobre 2003 p.7/8
Impossible de s'absenter pour faire une petite course et encore moins pour plus longtemps, sans que le chien ne se mette à aboyer, à détruire ou souiller la maison de ses déjections… ! Mais qu'est-ce qu'il a ? Est-il malade ? A- t-il besoin d'être dressé ? Rien de tout cela… cet animal a juste besoin que ses maîtres comprennent que leur maladresse involontaire et leurs erreurs éducatives, ont induit chez lui une anxiété quand il reste seul.
Décrits souvent comme des compagnons gentils, affectueux et joueurs, certains chiens deviennent de vraies calamités dès que leurs maîtres tournent les talons. Gémissements, aboiements voire hurlements, destructions, déjections éparses, activités autocentrées comme léchages ou mordillements des pattes…la liste est longue des expressions comportementales de l'anxiété d'un chien, qui ne sait pas rester seul parfois même juste un instant.
Rompre l'hyper attachement
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Ces
comportements sont souvent des expressions de
"l'anxiété de séparation ". Cela
peut et doit se prévenir pour le bien-être de l'animal et de ses maîtres,
en mettant en place une relation autre que celle de l'hyper attachement
". On peut apprendre à un tel chien qu'il attende tranquillement le retour de ses maîtres, mais cela n'est pas simple sans l'aide d'un professionnel du comportement; même avec cette aide, c'est un vrai travail qui est à réaliser et qui demande une grande implication de tous les membres de la famille. |
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Parfois c'est un chien jouissant de privilèges réservés aux supérieurs hiérarchiques qui exprime sa frustration et son mécontentement quand ses maîtres s'absentent, en détruisant plutôt portes et fenêtres et/ou souillant la maison de déjections bien en évidence.
Ces activités ne sont pas des vengeances comme beaucoup le croient, mais sont aussi des manifestations d'anxiété, induites par un mauvais positionnement hiérarchique du chien dans le groupe familial.
Lui apprendre la solitude
Il s'agit d'abord de comprendre
comment sans penser mal faire, on en est cependant arrivé à ce que son compagnon
soit une nuisance. Le chien à ses origines était un animal de groupe ; quand
il est admis au sein d'une famille, naturellement social il a besoin de la
présence de ses maîtres, de leurs soins, de leur affection. C'est d'ailleurs
chez le chien cette formidable " présence à l'autre " qui le fait tant apprécier
des humains.
C'est donc un animal spontanément en constante demande d'échanges sociaux,
à qui il doit être réservé une place hiérarchique claire, et auquel on doit
le plus tôt possible
apprendre la solitude.
Car même s'il est préférable de ne pas prendre un chien si l'on
doit le laisser seul des journées entières, il y a bien des moments où l'on
doit s'absenter et de nombreux endroits où l'on ne peut pas aller avec son
chien. La relation non hiérarchisée d'un chat avec son maître est épisodique,
car il se préserve des temps d'indépendance. Nous rencontrons donc moins de
comportements de ce genre chez nos félins. Mais cependant un chat " hyper
attaché " peut aussi développer des activités de substitution dues à l'anxiété,
comme les léchages intempestifs qui peuvent conduire à l'automutilation.
Les maladresses à ne pas commettre
Quand ils doivent s'absenter
en s'en sentant un peu coupables, beaucoup de maîtres commettent les premières
maladresses à l'origine de cette " anxiété de séparation ".
Souvent ils ont commencé par céder au
chiot à son arrivée à la maison. Brutalement arrachée à sa mère et sa fratrie,
la petite boule de poils a déjà réussi les premières nuits, par fendre le
cur de tout le monde avec ses gémissements (ou ses hurlements !) Résultat,
il s'est bien souvent retrouvé dans la chambre (et dans le lit !)…et parfois
: erreur ! il y est resté.
Il s'est mis à suivre ses maîtres partout, surtout celui qui s'occupe principalement
de lui. Fort flattés d'un si bel attachement (qui donc leur porte autant d'intérêt
?) ils n'ont pas vu qu'ils commençaient à façonner un chiot qui ne saurait
pas rester seul.
Dès que les maîtres se préparent à sortir (avec toujours à peu près les mêmes
rituels) le chien anticipe leur départ et le fait qu'il va encore être
seul. Il commence déjà à redouter cette solitude, gémit, tourne, s'inquiète,
essaie d'attirer l'attention sur lui. Il y réussit souvent, car bien
des maîtres quittant leur chien, pensent que des paroles comme : " sois sage,
je vais revenir ", " il faut bien que je parte travailler " vont l'apaiser.
En fait ces paroles accentuent la détresse de l'animal qui tourne un regard
attendrissant vers celui qui le quitte.
Le maître culpabilise alors de le laisser seul et devient esclave de cette relation envahissante. Au retour il n'a qu'une hâte : courir constater les méfaits. Il inspecte le pelage du chat ou du chien. Il s'énerve, gronde l'animal, nettoie rapidement les dégâts. Si le chien couché le regarde en coin, il pense que ce dernier " sait bien qu'il a fait une bêtise ". Cette interprétation humaine ne correspond pas à la réalité animale. Le chien a déjà oublié ce qu'il a fait auparavant et comme seul le moment présent compte pour lui, il ne peut associer votre énervement à ses comportements passés.
| Pratiquez le détachement Pour éviter ces manifestations anxieuses :
|
o
Apprenez lui aussi à rester dans la maison sans
détresse lorsque vous partez. Pour cela, changez vos rituels de départ
et de retour. Ignorez le durant la demi-heure qui précède votre départ.
Quittez la maison sans le regarder ni lui parler. Restez à l'extérieur un
moment puis revenez. Évitez les effusions
et explosions de joie exubérantes. Lorsque votre chien est calmé,
occupez-vous à nouveau de lui. Augmentez graduellement le temps de vos
absences. C'est ainsi qu'il apprendra que vos départs sont toujours suivis
de retours.
o
Pour de plus longues
absences, sortez le avant de quitter la maison afin qu'il élimine
et se dépense un peu, ce qui peut limiter les dégâts éventuels.
o
À votre retour s'il
a détérioré, sali ou s'est léché jusqu'au sang en votre absence, faites comme
si de rien n'était. Ne l'inspectez pas " sous toutes les coutures ",
nettoyez les dégâts hors de sa vue, sinon votre chien prendrait cela comme
une marque d'attention à son égard, ce qui l'inciterait à recommencer. Le
punir au retour ne fait qu'aggraver le problème, car il absences ne peut faire
le lien entre ses comportements et la punition. Votre attitude neutre au départ
et à l'arrivée est la clé de la réussite.
o
Pour un chien déjà entré dans ce processus,
vous pouvez laisser en sourdine la télévision ou la
radio qui l'apaiseront durant votre éloignement.
o
Dans la relation affective journalière, évitez de
répondre à ses incitations à la caresse. C'est à vous d'en prendre
l'initiative. Diminuez les caresses " gratuites " et gardez les pour récompenser
une bonne action. Trop de caresses le maintiennent dans un état infantile
qui augmente son anxiété et l'empêchent de devenir autonome.
Pratiquer le détachement c'est rompre " l'hyper attachement " qui vous lie à votre chien, c'est continuer le travail commencé par la mère chienne et c'est l'aider à grandir pour devenir un adulte équilibré " bien dans sa tête et son corps " et qui n'appréhende plus vos absences momentanées.
Reste parfois que certains événements (perte d'un être cher, déménagement, retour de vacances) déclenchent ou fassent resurgir un hyper attachement et des comportements indésirables comme cités plus haut. Comprendre alors l'anxiété légitime et momentanée de l'animal, fait y répondre avec à la fois l'indulgence et la constante fermeté, qui lui permettront petit à petit de trouver une meilleure tolérance aux changements.
F. GAUDRON et D. MIRAT