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n°
10 - janvier 2004 - Sante
Pratique Animaux p.
8/9 article
Françoise GAUDRON et Danièle
MIRAT comportementalistes
et
dans
Molosses n°30 février-mars
2004
Un
animal : compagnon de vie pour un enfant |
Les enfants, très souvent à l'origine de l'arrivée d'un animal a la maison, viennent un jour réclamer aux parents la présence d'un hamster, d'un chat ou d'un chien.. Doit-on céder a cette pression ? La présence d'un animal est-elle utile et bénéfique au développement de l'enfant ? Comment organiser une cohabitation harmonieuse ?
Certes, un animal familier n'est pas indispensable au bon développement d'un enfant, mais il contribue a son éveil et a son épanouissement. Jamais un animal ne trahit son jeune ami qui lui confie ses chagrins et ses peurs ; jamais il ne le juge et jamais, un chien surtout, ne résiste a son appel au jeu.
Mais une telle complicité partagée se gagne, en aidant
l'enfant a bâtir une relation basée sur le respect mutuel.
L'animal,
un être vivant. La charge pour les parents est alors d'apprendre très tôt à l'enfant, qu'un animal est un être vivant avec des besoins vitaux comme manger, boire et se reposer et qu'il ne doit pas être dérangé à ces moments-là. Qu'il éprouve des émotions assez semblables aux nôtres comme la joie, la colère, la tristesse... Qu'il peut être malade et souffrir tout comme nous. |
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Et que si c'est un chiot ou un chaton, il doit faire l'apprentissage de la vie avec les humains et que cela réclame patience, gentillesse mais aussi la rigueur de tous. L'enfant doit cependant être initié à ne pas penser que son chien ou son chat est absolument semblable à nous et qu'il va toujours réagir comme un être humain le ferait à sa place. Son petit compagnon est d'une autre espèce que la notre et les parents doivent aider l'enfant à connaître et respecter ses différences.
Connaître
l'enfant et l'animal.
L'harmonie des relations
enfant/ animal est toujours le résultat d'une forte implication
des parents dans l'éducation de l'un et de l'autre.
Pour apprendre l'animal à l'enfant et apprendre l'enfant à
l'animal, il faut d'abord commencer par connaître soi-même
au mieux, l'espèce (chien, chat, rongeur..) que l'on va accueillir.
Comment apprendre à l'Un à comprendre l'Autre, si l'on
n'est pas soi-même capable de décoder et d'expliquer les
comportements de chacun ? L'idéal est de commencer l'éducation
de l'un avant celle de l'autre. Offrir par exemple un chiot à un
très jeune enfant, relève du trop périlleux tour
de force d'apprendre les bases de la vie sociale aux deux en même
temps. L'un et l'autre réclament chacun trop d'attention et de
disponibilité dans leur tout jeune âge pour que cela puisse
être mené de front. Il vaut donc mieux avoir un chiot quand
on a déjà pu initier l'enfant à la différence
et au respect des animaux. Ou bien attendre bébé quand on
a deja bien installé une harmonieuse cohabitation avec son ou ses
animaux à la maison.
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Ce
que l'animal peut apporter . à l'enfant de moins de 3 ans : |
L'animal représente
pour lui un objet transitionnel [1] un doudou sécurisant lorsque la
mère s'éloigne. Le bébé se réchauffe contre
sa fourrure chaude de vraie peluche vivante. Le chien ou le chat éveille
l'enfant à la découverte de son propre corps dans la rencontre
de celui de l'animal, par son toucher, son odeur.
A travers toute la gestuelle, les postures, mimiques, vocalisations qui sont
les moyens de communication de l'animal, le jeune enfant communique lui aussi
avant la parole, par les canaux du paralangage [2]
.
à l'enfant de 3 ans
et plus :
L'enfant va des lors s'identifier à l'animal qui l'aide à
se défaire progressivement de la relation fusionnelle avec sa mère,
lui permettant de tisser d'autres liens.
Ils
vont explorer le monde ensemble à travers des courses poursuites
et des jeux sans cesse inventés. Le chien est pour cela un
partenaire toujours disponible. L'animal devient aussi ce confident
qui ne trahit pas quand le bambin lui chuchote à l'oreille
ses joies et ses déceptions, nouant avec lui une relation de
confiance et de complicité. |
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||
Vraie leçon de biologie a lui seul, l'animal apprend les choses de la vie à l'enfant ; celui-ci constate les besoins pulsionnels de son petit compagnon, assiste parfois à la naissance de petits(qu'il appelle des bébés),à leur éducation par leur mère. L'enfant pose alors nombre de questions et peut faire la comparaison avec lui-même.
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.
au préadolescent
: |
L'animal sert de projection affective si ses relations avec ses parents sont affectées [3], ou substitut affectif qui remplace un parent absent (pris par le travail ou divorce ou décédé).
.
à l'adolescent :
A cet âge il peut commencer à prendre en main la responsabilité
de l'animal, s'enflammer pour de grandes causes de défense des animaux.
L'enfant
n'a pas à prendre en charge l'animal.
Les avantages psychoaffectifs
que l'on peut prévoir pour un enfant avec un animal à la maison,
ne pourront cependant se déployer que si les parents sont conscients
qu'ils ne devront pas attendre de l'un qu'il se charge de l'autre.
Nous avons rencontré
des mères débordées par un bébé difficile,
attendant que la simple présence d'un chiot vienne réguler les
humeurs et comportements du bambin. A l'inverse, des couples trop pris professionnellement,
attendant des enfants qu'ils s'occupent de l'éducation et des soins
a donner à l'animal. La présence de celui-ci engendre des contraintes
journalières : le nourrir, le soigner, l'éduquer, le toiletter,
le sortir tous les jours (si c'est un chien) etc. et jusqu'à la fin
de sa vie. L'enfant peut promettre de s'occuper de l'animal, mais dans la
réalité il ne peut tenir cette grande promesse. Cette responsabilité
incombe aux parents, même s'ils délèguent parfois quelques
taches à l'enfant (vérifiant que tout se passe dans le respect
de l'animal). Quand (dans le meilleur des cas) le chien est présent
avant l'arrivée de l'enfant, il sera capable de vivre d'autant mieux
l'arrivée du bébé si ses maîtres ont d'abord su
s'en faire respecter. Comment un chien auquel sont offerts au quotidien maints
privilèges de la dominance, pourrait-il ne pas ressentir de frustration
devant le nourrisson, qui pourrait alors être vécu comme un intrus.
Et même si le chien est dans ses relations correctement positionné
chez lui, il faut veiller à ne pas changer ses habitudes, ne pas l'écarter
de la relation adultes/ enfant. Une diminution des attentions de ses maîtres
peut déclencher chez l'animal un désordre émotionnel
et comportemental voire une phase dépressive. Pour son bon équilibre,
il est bon de moins s'en occuper quand bébé dort, mais de donner
les soins au bambin toujours en sa compagnie. Apprendre à l'animal
la promenade en laisse près de la poussette et ne jamais les laisser
seuls sans surveillance (les cris soudains du petit pourraient l'effrayer
et provoquer une réaction vive).
Limiter
les accidents
Des enfants sont trop souvent mordus par leur chien. La cohabitation n'est
jamais sans risque et les parents qui décident de prendre un animal
quand leur bambin a grandi devront prendre quelques précautions pour
limiter les accidents (morsure du chien ou griffures du chat, etc...). Pour
un chien la taille a son importance, plus il est gros ou grand, plus la morsure
est importante et plus le risque se situe au niveau du visage.
Avant tout, plutôt choisir un jeune animal qui a été bien
socialisé dans ses premières semaines de vie. Pour cela
l'éleveur sérieux veille aux contacts multiples de ses chiots
ou chatons (durant la période dite sensible) avec des humains de tous
genres, adultes, ados, enfants en bas âge et bébés. Cette
familiarisation précoce prépare le petit animal à se
montrer moins craintif à l'approche toujours un peu singulière
et turbulente des enfants évitant ainsi les morsures par peur.
Il est bon de se documenter sur les différentes races et leurs particularités,
et pour un chiot, choisir celui au caractère placide d'une race de
chiens de compagnie ou bergère, certains chiens de chasse... Ignorez
les conseils fantaisistes et sans fondement scientifique associant une race
à un profil comportemental donné. Aucune étude sérieuse
n'a prouvée que telle race était plus gentille ou moins agressive
avec les enfants !
| Et ne pas oublier
|
Françoise GAUDRON et Danièle MIRAT Comportementalistes animaliers
---------------------------------------------------------------------------
1.
D. W. Winnicott : L'enfant et sa famille ou De la pediatrie à
la psychanalyse. Ed. Payot.
2.
Hubert Montagner : L'enfant et l'animal. Les émotions qui libèrent
l'intelligence. Ed. Odile Jacob 2002.
3. Docteur Ange CONDORET: L'animal compagnon
de l'enfant. Fleurus Paris, 1973.
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Article
dans MOLOSSES
News Hors série n°
2 de mars 2003, p.76 à 80 |
Comportementalistes : ils ont des solutions
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POUR FAIRE PLAISIR À UN ENFANT Acheter
un chien pour faire plaisir à un enfant ou pour lui tenir compagnie
demande réflexion. Il faut chercher à comprendre ses motivations afin
de ne pas céder à un caprice. |
Le chiot bien socialisé avant ses douze premières semaines de vie, c'est-à-dire mis en contact avec des humains de tous âges et toutes tailles, est apte à cohabiter avec l'enfant. Ce qui ne signifie p as que leur relation soit d'emblée idyllique; les bases d'une entente réussie sont, bien sûr, l'éducation de l'enfant, qui implique le respect du chien et la compréhension des codes canins, mais également celle de l'animal.
Le chien aide
l'enfant à sortir de son égocentrisme, lui enseigne la nécessité de partager,
lui montre, par son exemple, la tolérance et le retrait plutôt que l'affrontement.
Il participe à son éveil, l'entraîne dans ses explorations. Il le poursuit
ou se laisse pourchasser c'est un compagnon de jeu toujours disponible, qui
favorise l'activité physique et lui apprend aussi " les choses de la vie "
de façon simple et naturelle.
L'animal est un médiateur relationnel, qui aide l'enfant à tisser ou rétablir
un lien affectif, à entrer en contact avec ses camarades, les adultes, mais
aussi avec ses parents. L'enfant lie avec son chien une relation de complicité,
de confiance et d'affection, qui se moque de l'apparence physique. Il partage
avec lui ses secrets, se réconforte à sa chaleur, se rassure au contact
de son poil, oublie son inquiétude, est consolé par un coup de langue.
Que de joies vont-ils s'apporter mutuellement ! Le chien a donc un effet bénéfique
sur le développement psychologique et social de l'enfant.
Françoise GAUDRON et Armel BORTLE
L'ENFANT
QUE L'ON N'A PAS ENCORE
Bien des jeunes gens, pour la plupart actifs
tous les deux, font ensemble un bout du chemin en prenant un chien pour campagnon.
Les voilà responsables à deux, pour la première fois, d'un être vivant qu'il
faut éduquer, protéger, promener. Le chien représente souvent un peu, au sein
de ce couple, l'enfant que l'on a pas encore, chacun prenant la charge qui
lui convient pour s'en occuper quotidiennement. L'animal les accompagne, ensemble
ou séparément, dans les activités s ortives ou Les loisirs variés, part avec
eux en vacances, profite pleinement de leur vie de jeunes gens encore indépendants.
C'est le chien chouchou, le prince.., le roi. Mais si un bébé arrive, attention
à ce que le chouchou, le prince, le roi n'en prenne pas ombrage I Pour cela,
le chien doit être correctement positionné hiérarchiquement, en subordonné
à ses maîtres. Ensuite, dès la venue de bébé, il faut adopter une attitude
neutre envers lui face au chien, en laissant participer ce dernier aux activités
du tout petit, de façon à ce qu'il n'associe pas ce nouvel arrivé à moins
d'attention pour lui. Ce qui ne signifie nullement que, plus tard, le chien
doive assurer " la garde " de bébé en l'absence de toute surveillance ! En
attendant cet éventuel agrandissement de la petite famille/meute, les couples
sans enfant peuvent profiter des joies d'avoir un chien pour compagnon, q
u 'ils prendront soin de bien familiariser aux enfants en général.
Danièle MIRAT et Kjersti FANALS
Article dans: MOLOSSES News Hors série n° 2
de mars 2003, p.76 à 80
Comportementalistes : ils ont des solutions
PETITE LEÇON D'ANTHROPOMORPHISME !
L'anthropomorphisme est la propension naturelle
de l'homme à traduire son environnement selon ses conceptions personnelles,
qui le conduit à des déclinaisons " humanisantes " sans rapport avec les réalités
du monde animal. Il est à l'origine des comportements et de leurs déviances.
Sous-tendu par l'émotionnel humain, il n'a pas d'âge et s'exprime selon des
critères existentiels : convivialité, agressivité, amour, jalousie, domination,
obéissance, sport, beauté, secours, protection, virilité, publicité, méchanceté,
gentillesse, etc. Chacun y trouve et y place sa propre sensibilité. L'anthropomorphisme
est inconscient. Les meilleures intentions en sont souvent les principaux
moteurs, et il est présent dans toutes les relations à l'animal. L'amour,
la passion, le pouvoir... produisent l'effet contraire de leurs intentions
initiales. La relation affective que nous avons avec un " animal-objet " nous
fait oublier que ce dernier ne peut être porteur de ce que nous sommes ! Cette
humanisation de l'animal est cause de la majorité des problèmes de comportement.
Un comportementaliste spécialisé dans la relation homme/animal est à même
d'aider les maîtres à les résoudre.
LE CHIEN ET LES SENIORS
Les
enfants sont partis, la situation familiale est modifiée par la retraite et
souvent un changement de domicile.., tout cela peut faire perdre ses repères
à un couple. L'acquisition d'un chien peut pallier le sentiment de vide, cor
ce dernier met de l'animation et apporte un réconfort affectif. Le chien permet
de satisfaire le besoin de protection on a le sentiment d'être utile parce
qu'il faut le nourrir, le sortir... tous ces actes donnant un sens à la vie
quotidienne. L'animal comble parfais le manque de communication au sein du
couple, et sa présence facilite souvent une insertion harmonieuse dans un
nouveau cadre de vie. Les promenades plusieurs fois par jour ont un effet
bénéfique sur la santé, elles entretiennent le bien être physique; dans ce
domaine, l'animal est moteur et ses besoins stimulent les sorties journalières.
Le fait d'avoir un chien restreint le sentiment de solitude, favorise la vie
sociale: les clubs canins permettent la création de liens d'amitié et de partage.
Les problèmes rencontrés par les seniors sont très souvent liés à la hiérarchie.
Un senior a souvent plus de patience, de disponibilité, et donc d'indulgence
pour les écarts de comportement de son animal; ce dernier peut aussi symboliser
un substitut d'enfant. Or, trop anthropomorphiser son chien le met dans une
position incompréhensible pour lui et engendre des comportements aboyeur,
mordeur ou anxieux. Pour profiter au maximum du contact social et affectif
d'un animal, une bonne explication des règles dans la relation homme/chien
est nécessaire, rendant généralement la vie de nouveau agréable avec lui.
En résumé, si trop souvent la retraite favorise la désocialisation, le chien,
lui, encourage les liens sociaux et le maintien dans la vie active, à condition
que son statut hiérarchique reste clair et cohérent.
Marion GAUVIN et Dominique PINEAU
LE COMPAGNON DU DIVORCE
Lorsque j'ai utilisé pour la
première fois le terme de " comportementaliste ", il y a près de vingt ans,
je n'imaginais pas la richesse de la documentation qui se constitue à chaque
" histoire " Histoire, car j'ai toujours refusé de parler de " cas " en évoquant
une série d'entretiens avec des propriétaires de chiens qui se trouvaient
face à une détérioration de la relation avec leur animal. Il est vrai que
si l'on considère tout chien qu'on ne comprend plus comme un malade mental,
on est enclin à parler de cas. Mais ce n'est pas ma conception de la relation
avec un animal familier, et en organisant en juin 1990 le colloque sur " La
collaboration entre le vétérinaire et le comportementaliste ", annoncé dans
la presse vétérinaire, je savais que cette initiative serait accueillie avec
sympathie. Je conserve d'un de ces entretiens un souvenir précis : celui d'une
jeune femme désemparée, à qui son ami venait d'offrir un chien comme cadeau
de rupture. Propriétaire d'un animal sans l'avoir souhaité, elle acceptait
tant bien que mal cette situation ; mais n'ayant jamais possédé de chien,
elle demandait de l'aide. Maître Pautot, avocat à Marseille et dont la compétence
fait autorité, cite des décisions de justice attribuant la garde d'un chien
lorsqu'une " présence rassurante " est évoquée. L'anima! est souvent inclus
dons une relation affective entre deux personnes, et pour femme venue me consulter,
la présence du chien était indissociable du souvenir de la rupture ; pourtant,
un lien solide et durable s'était créé entre eux.
Michel CHANTON
LE CHIEN
DES CÉLIBATAIRES
Une personne seule, célibataire,
veuve, plus ou moins jeune, pense un jour prendre un chien pour lui tenir
compagnie. Cet animal, toujours présent et prêt à tout partager, peut vite
devenir l'unique objet de toutes les attentions. Il est parfois le seul avec
lequel on connaisse les joies de l'échange affectueux et est souvent, de ce
fait, le chien des relations fusionnelles. Cet animal que l'on est seul à
nourrir, à sortir pour ses petits besoins et son exercice, à soigner s'il
est malade, se trouve naturellement encouragé à s'attacher de manière exclusive
à son maître ou sa maîtresse. Cela peut, au début, être très flatteur pour
l'humain, puis devenir un enfer pour l'animal comme pour le propriétaire.
Un des pièges de ce fort attachement est de se retrouver avec un chien qui
manque d'autonomie. Par exemple, il ne sait pas rester seul, même le temps
d'une simple course, sans aboyer ou détériorer la maison ; ou encore, on ne
peut le confier à personne, tellement il est impatient ou toujours prêt à
fuir. Un autre piège est celui de voir le chien devenir tyrannique :Il est
alors difficile pour le maître de parler avec un visiteur ou au téléphone,
d'être en intimité avec le ou la partenaire occasionnel(le), sans que l'animal
ne s'interpose de la voix ou même du geste. Il convient de proposer à ce chien
suffisamment de possibilités de s'ouvrir à divers contacts sociaux et à la
faculté de rester seul sans stress, en ne le tenant pas constamment collé
à vous.
Danièle MIRAT et Laurence BRUDER
Les
vacances prochaines sont-elles déjà programmées ?
|
Texte co-écrit avec
Danièle MIRAT comportementaliste dans Santé Pratique Animaux n°12 mars 2004 p.7/8 |
A ces périodes clés, trop d’animaux sont abandonnés par des maîtres qui sont allés cruellement à la facilité, sans connaître toutes les possibilités offertes. Différentes formes de séjours de détente sont envisageables, mais elles ne sont pas toutes compatibles avec la présence d’un animal. Prendre des congés ne peut pas s’improviser pour les propriétaires d’animaux, car faire le choix délibéré de partir avec Brutus et Minet comme celui de ne pas les emmener, nécessite de bien s’organiser pour le confort de chacun. Tout changement de vie et rupture brutale avec les repères de son quotidien sont toujours un chambardement pour un animal, et ne pas le reconnaître serait nier chez lui toute faculté de ressentir. Alors prévoir ses projets de déplacement avec ou sans lui c’est déjà le respecter .
1. Partir avec son animal
-
Bien avant le départ
: S’assurer que l’hôtel, le camping, le gîte, le village de vacances, etc.…
acceptent les animaux et lesquels ? Les chiens de grande taille et de certaines
catégories sont-ils tolérés ? sous quelles conditions ?
Si oui, prévenir de la présence de l’animal lors de la réservation et se faire
préciser la participation financière que certains campings et hôtels demandent.
Si c’est à la mer, la plage est-elle autorisée aux chiens ? Le site de la
SPA http://www.spa.asso.fr donne une liste des plages autorisées (sinon les
offices de tourisme renseigneront)
A noter que partout où vous
allez en France, l’interdiction des chiens dans les lieux publics, plages,
parcs et jardins doit être clairement signalée par le maire de la commune
(sinon on peut contester l’amende que l’on peut se voir infliger)
Pour passer une frontière prévoir de connaître les réglementations en vigueur
dans le pays visité, auprès des ambassades ou agences de voyage (pour
les ramassage des déjections, port de muselière, vaccination antirabique et
certificat de bonne santé (documents obligatoires pour l’Union Européenne)
Attention à la mise en quarantaine de l’animal dans certains pays :
mieux vaut ne pas l’emmener, il passerait ses vacances en cage ! ·
-
Partir en voiture :
Pour une moyenne ou grande distance à
parcourir, il n’y a pas de problème si le chien ou le chat a été habitué à
la voiture, mais dans le cas contraire dès la décision prise, commencez à
lui faire effectuer des petits parcours, avec une promenade en récompense
(pour le chien). Ne surchargez pas son estomac pour le voyage, vous lui éviterez
malaises et vomissements, et si possible n’imposez pas de parcours longue
distance à un animal malade.
Pratique et sécurisante, la boîte de transport est idéale car l’animal
a SA place : combien de petits chats se retrouvent sous la pédale d’accélérateur
! Combien de chiens s’échappent dès qu’on ouvre la portière ou s’agitent et
s’énervent avec les enfants !
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Muni de son collier ou son
harnais (avec une médaille sur laquelle figure vos nom et n° Tél. mobile)
ainsi que de sa laisse, le chien est prêt pour sortir se dégourdir les
pattes (et se soulager !) toutes les 2 heures lors de vos arrêts détente.
Préférez les haltes plus sécures en retrait de la circulation, et prévoyez
la gamelle d’eau. Minet, lui devra plutôt rester dans sa boîte de transport,
garnie pour son confort hygiénique. |
Ne laissez jamais votre compagnon seul dans la voiture même fenêtre entr’ouverte ! le chat pourrait se glisser par cette ouverture, le chien peut l’agrandir et sortir pour vous rejoindre, et bien sûr l’été même à l’ombre, l’habitacle devient une fournaise où chaque année meurent trop d’animaux que l’on y a laissés prisonniers.
- En car : Seuls sont admis chats et petits chiens dans leur sac de transport.
- En train : La réglementation est stricte : Chien et chat jusqu’à 6 kg sont acceptés dans un sac près du maître, pour un tarif minime. Dépassé ce poids, avec un billet ½ tarif, les chiens en laisse sont aussi tolérés (sauf opposition d’un voyageur) et muselés pour les 2 catégories répertoriées par la S.C.C. ·
-
En bateau :
Certaines compagnies n’acceptent
pas d’animal, d’autres les acceptent près du maître ou bien seulement dans
la voiture ou encore dans des cages prévues par la société pour des tarifs
peu élevés (renseignez-vous d’avance)
(Attention l'été, lors de fortes chaleurs si l'animal doit être maintenu dans
le véhicule.... Prendre tous renseignements préalables pour s'assurer du confort
possible dans ces conditions)
-
En avion :
Là aussi règlement strict : Jusqu’à 5 kg l’animal peut voyager en cabine dans
un sac au pied de son maître. Au-dessus de ce poids il ira en soute dans une
caisse vendue par la compagnie aérienne (se renseigner des prix du billet
et de la caisse) Pour emmener son animal en avion il faut vraiment une
obligation impérative car c’est pour eux le mode de transport le moins agréable,
et pour vous, le plus onéreux.
Renseignez-vous sur les nouvelles dispositions (mesures antiterroristes)
qui restreignent plus encore les conditions de transport d'un animal en cabine
...
2.
Partir sans son animal
Ne pas s’interdire de vivre la découverte de lieux où la présence d’un animal
familier n’est pas souhaitable, peut s’organiser dans le respect de celui-ci,
en trouvant à le faire garder dans les meilleures conditions. Se séparer de
son petit compagnon n’est pas sans retentissement ni pour lui, ni pour certains
maîtres d’ailleurs, et c’est tout le soin pris dans cette démarche qui garantira
le confort de chacun.
Quelque soit la formule retenue au moment de la mise en pension du chien ou du chat, on peut l’y préparer pour qu’il n’en soit pas traumatisé. Habitué par exemple à être confié régulièrement quelques heures ou quelques jours à des personnes de confiance de son entourage (parent, ami, voisin), l’animal se trouve préparé à des absences plus ou moins prolongées de ses maîtres (cérémonies, spectacles…) Lors d’un plus long séjour, l’impact de la séparation d’avec ses êtres d’attachement et la rupture brutale de ses repères de vie quotidienne s’en trouveront adoucis. C’est au contraire en le maintenant en hyper attachement que l’on plonge un animal dans le plus grand désarroi, le jour où on souhaite le confier pour s’absenter
Choix
possibles :
- Le mettre dans une pension
(chenil ou chatterie)
Dans ce cas il faut le prévoir longtemps à l’avance (certains retiennent
d’une année sur l’autre) Ne placez pas l’animal d’emblée pour un mois dans
une pension inconnue. Certains chiens refusent la nourriture pendant plusieurs
jours et restent prostrés dans le fond de leur cage, attendant en vain le
retour de leurs maîtres. Séparés du reste de leur « meute », ils dépriment.
Faites plutôt des essais de courte durée, fiez-vous au comportement de votre
animal. Est-il content de revenir ? Freine–t-il des 4 pattes à l’approche
de la pension ? Vous aurez d’avance visité et comparé divers établissements
et examiné les critères nécessaires à un séjour de qualité (propreté des boxes
avec abris, espaces ou les animaux peuvent s’ébattre, clôtures de sécurité,
contacts chaleureux avec les pensionneurs, etc.) C’est la formule la moins
chère, mais qui ne peut pas être sans retentissement aucun sur un chat ou
un chien qui vit en famille tout au long de l’année.
-
Le confier alors dans une famille d’accueil,
est le choix le plus adapté à un animal habitué à une présence permanente.
Des organismes spécialisés orientent vers une sélection de familles choisies
pour garder (et chouchouter) chien ou chat en appartement, ou en maison avec
jardin. En prenant la précaution de familiariser préalablement l’animal à
ces personnes et leur lieu d’accueil, on s’assurera d’un vrai confort relationnel
pour son animal. · Faire appel à un organisme de garde à domicile Dans cette
formule, ce sont des personnes (souvent retraitées) qui s’installent chez
vous et prennent soin de votre chien ou votre chat (de vos plantes et vos
biens aussi !) le temps de vos vacances. Une fois encore, faire se rencontrer
précédemment « ses gardiens » et l’animal peut lui éviter de déclencher là
encore une « grève de la faim » ou des destructions inhabituelles dus à son
inconfort émotionnel. Pour ce « must », s’adresser à des organismes spécialisés
et connus pour leurs garanties offertes !
-
Confier l’animal à la famille, des amis ou des voisins
Est sans doute l’idéal pour tout le monde ! bien sûr aux conditions de familiarisation
préalable précisées plus haut. Cette solution est souvent un échange de bons
procédés ; « je garde ton chien, tu gardes ma chienne ». Mais prévoyez la
période de vos congés hors chaleurs de la femelle de l’un ou l’autre si elle
n’est pas stérilisée !
Posséder un animal ne s’improvise donc jamais on le voit.
Nous pensons que la question de « à qui le confier » quand vacances ou imprévus surviennent, devrait être étudiée avant même son acquisition.
Françoise GAUDRON et Danièle MIRAT
Stériliser,
ou non, son animal de compagnie ? |
Texte co-écrit avec
Danièle MIRAT comportementaliste dans Santé Pratique Animaux n°13 avril 2004 p.7/8 |
L'instinct de reproduction des chiens et des chats (avec recherche de partenaire, accouplement, gestation et mise bas) n'est pas sans soulever quelques désagréments au quotidien, pour leurs propriétaires qui n'ont pas forcement décidé de les voir reproduire.
Depuis la domestication des
animaux, l'homme a essayé de contrôler leur reproduction : portées moins nombreuses,
conserver les caractéristiques de l'espèce, éviter les fugues des mâles pour
rejoindre leur dulcinée. Au XVIème siècle la stérilisation était souvent pratiquée
sur les chats. " On rend les mâles plus doux, plus corpulents et moins
enclins à vagabonder à la saison des amours " remarquaient les zoologistes.
Au même siècle Soderini un florentin, dans son Traité des animaux domestiques,
recommande de " surveiller les amours des chats pour garder la pureté de
la race tigrée ".
Autant la stérilisation est bien admise par les propriétaires quand il s'agit des chats autant elle l'est beaucoup moins bien pour les chiens. De nombreuses idées fausses circulent à ce sujet.
Ce que dit la loi : La
loi du 6 Janvier 1999 " loi sur les animaux dangereux" rend obligatoire
la stérilisation des chiens de 1è catégorie : chiens
de type Pitt-Bull, Tosa, Boer-Bull, non inscrits au LOF. L'achat,
la vente et l'importation de ces chiens sont interdits, ceux qui transgressent
cette loi risquent une sanction qui va jusqu'à 15 000 euros d'amende
et six mois d'emprisonnement, mais aussi l'euthanasie du chien. |
Faire stériliser ou non son animal ?
Dans le cas des chats, c'est être un propriétaire responsable que de les faire stériliser. On évite ainsi leur prolifération qui engendre errances, abandons et donc euthanasies et captures pour les laboratoires. Pour l'exemple, une chatte qui a de 2 à 4 portées par an (et parfois plus !) d'environ 4 chatons, verra ceux-ci reproduire dans leur année, ce qui fait un nombre impressionnant de chats. Puisqu'il est vrai qu'à la campagne nombre de chats sortent librement (ce qui est loin d'être le cas en grande agglomération) rien que pour cette raison, on admet facilement que s'impose la stérilisation. Aux États-Unis par exemple, les éleveurs stérilisent à l'âge de trois mois les chatons destinés à la vente aux particuliers. Ce qui n'est pas le cas en France où un nombre infime d'éleveurs pratique ainsi.
| Pour la chienne qui a 2 périodes de chaleurs par an et peut porter de 4 à 15 chiots, on mesure que des gestations accidentelles peuvent entraîner également une surpopulation canine. Heureusement les chiens ne sortent pas librement comme les chats, mais un " accident " est si vite arrivé avec le chien du voisin qui trouve toujours un passage à travers la clôture du jardin !. | ![]() |
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Le projet de faire porter
sa chienne ou sa chatte doit être bien réfléchi, car c'est beaucoup de
soin et de travail, sans compter les possibles risques pour l'animal. Il n'est
pas si facile d'autre part de placer les petits : gare à certains voisins
ou amis qui se promettent, pour se désister le moment venu de l'adoption.
A
quel âge faire stériliser un animal de compagnie ?
Personnellement nous préférons aussi attendre la maturité sexuelle de l'animal afin qu'il ne soit pas enfermé dans un comportement infantile ou d'adolescent attardé.
Comportements d'un animal entier.
Certains des comportements typiques des animaux entiers sont particulièrement gênants. Les chats sont des animaux territoriaux qui marquent leur territoire par jets d'urine particulièrement forte qu'ils renouvellent régulièrement. Ils marquent aussi par griffades (gare à vos meubles et tapisseries avec un chat d'appartement !) Lorsque des chattes sont en chaleur dans les parages, le mâle fugue pour les retrouver et peut parcourir de nombreux kilomètres. Difficile à garder à la maison en période de rut, c'est ainsi que le matou se met en danger : circulation, prédateurs sauvages et pièges en campagne, etc. Pour obtenir les faveurs de la " belle " il peut aussi se bagarrer avec d'autres mâles et rentrer blessé.
Les chaleurs d'une chatte durent 8 à 10 jours et si celle-ci n'a pu s'accoupler cela recommencera 3 semaines plus tard. En pleine nuit, ses miaulements pour appeler le mâle sont si forts et si continus, que les maîtres excédés finissent par lui ouvrir la porte ! (à noter que la chatte est fertile presque tout le long de ses chaleurs)
Les chaleurs d'une chienne durent 15 jours à 3 semaines avec une plus grande fertilité du 9è au 15è jour (mais attention parfois aussi plus tard !) Même attrait donc pour les chiens mâles du quartier, qui eux aussi peuvent fuguer en se mettant également en danger. Si l'une d'elle est à proximité, les voilà qui entrent dans la plus grande excitation, puis plus du tout intéressés par leur gamelle et prêts à tout casser pour aller retrouver " l'objet du désir ". Après leurs chaleurs, certaines chiennes présentent une lactation et des comportements maternels tels que " l'adoption d'un jouet ou d'une pantoufle ". Tout en gémissant elles gardent le nid alors qu'elles n'ont pas été fécondées, le tout dans une détresse émotive assez remarquable.
Quel sera l'effet de la stérilisation sur leur comportement ?
De nombreux propriétaires d'animaux familiers pensent nécessaire qu'une chienne ou une chatte reproduise pour son bien-être psychique et physiologique. Rien ne permet vraiment de l'affirmer, d'ailleurs dans la nature, une chienne femelle subordonnée dans un groupe n'aura pas le droit de reproduire, cela restant réservé à la femelle dominante. Si elle est stérilisée à 6 mois une chatte qui n'a donc jamais reproduit semble ne pas en souffrir non plus.
Si les stérilisations éliminent
bien sûr les risques de cancer des appareils de reproduction
(testicules chez le mâle, utérus chez la femelle) ainsi qu'une réduction
des tumeurs mammaires, des études vétérinaires montrent par contre un
faible risque d'incontinence urinaire chez certaines chiennes.
On peut noter aussi la prise de poids possible chez les deux sexes des 2 espèces
féline et canine, réduite par un maintien de l'exercice et une alimentation
adaptée. Les chiens et chats ne penseront plus à fuguer pour une femelle.
Les matous ne se bagarreront plus (au moins pour cette raison) et leurs marquages
seront moins importants avec des urines beaucoup moins fortes ! Les instincts
de chasse ou de garde de l'animal resteront intacts, la stérilisation ne venant
rien y changer.
Certains maîtres de chiens mâles à l'humeur belliqueuse, s'entendent conseiller
la castration dans l'espoir de voir s'arrêter leurs conduites agressives.
Un grand nombre de causes peuvent provoquer l'agressivité d'un animal et
la stérilisation n'est pas le remède automatique à tous ces maux.
Le chien castré jeune est certes moins compétitif, et ses rapports avec d'autres
mâles peuvent être plus paisibles. Sa socialisation de la petite enfance,
son éducation et les attitudes des maîtres en promenades sont cependant déterminantes
pour que le chien soit plus souple avec ses congénères mâles (pour certaines
races molossoïdes par exemple, ces critères sont primordiaux). Quant aux conduites
agressives d'un mâle entier adulte envers ses maîtres, elles relèvent plutôt
d'une mauvaise organisation des relations au sein du groupe familial. La castration
à ce moment là, ne sera pas exactement ce qui viendra résoudre le problème,
et de même pour les fugues qui ne seraient pas liées à l'attrait pour les
femelles.
Pour les chiens chacun réagira donc selon sa sensibilité, prévoyant
ou non de faire reproduire son mâle ou sa femelle. Et si ce sont les chiennes
qui sont souvent stérilisées, les mâles le sont moins volontiers par leur
maître, qui projette leur virilité sur leur compagnon et parle de mutilation.
F. GAUDRON et D. MIRAT
Féminin Pratique : Spécial Chiens N°6
Rubrique Enquête : Contrôler
les aboiements excessifs
Interview de comportementalistes
par Virginie LEGOURD.
- V. LEGOURD : Pourquoi
les chiens aboient ?
- F. GAUDRON : Les chiens sont des animaux sociaux. La vie
en meute nécessite des moyens pour communiquer, lier une relation,
échanger avec les congénères, leur envoyer un message
clair et leur signifier des intentions ou des états émotionnels.
Pour cela le chien dispose de ses sens plus développés que chez
nous les humains, odorat et goût, toucher, vue et ouïe qui permet
d’entendre les sons vocaux émis par les autres membres de la
meute.
Les aboiements comme les grognements, les hurlements et les pleurs sont des
messages vocaux-auditifs naturels de communication entre chiens ou avec le
maître. Les chiens domestiques aboient plus que leurs ancêtres
sauvages car ils ont gardé ce comportement infantile pour attirer l’attention
du maître. Ce dernier par sa réponse instrumentalise ce langage.
Selon que l’aboiement est aigu ou grave il indique l’invitation
au jeu, l’excitation de satisfaction (exemple : le retour du maître,
la présence d’un autre chien…) la peur, la douleur ou la
détresse mais aussi la menace, prémice de l’agression.
Il sert aussi de signal d’alarme, danger ou approche d’un intrus
aux abords du territoire (chien qui prévient le maître de l’arrivée
à la porte d’une personne étrangère à la
maison). L’aboiement peut se moduler avec le hurlement lorsque le chien
veut regrouper les membres de la meute et en particulier s’il est isolé
de son maître.
- V. LEGOURD : Quand peut-on
parler d’aboiements excessifs ?
- F. GAUDRON : Les aboiements deviennent intempestifs si
le chien aboie sans cesse et sans raison apparente pour l’humain. L’
aboiement excessif est une notion subjective selon la patience, la tolérance
et la capacité de chacun à supporter le bruit des autres.
- V. LEGOURD : Y-a-t-il
des profils type de chiens sujets à ce genre de comportement et pourquoi
?
- F. GAUDRON : Un chien anxieux est très souvent un
chien « aboyeur », surtout en l’absence du maître.
Il comble sa solitude et trompe son anxiété en appelant son
maître absent. La peur peut engendrer des aboiements excessifs. Certaines
races de chiens ont été sélectionnées pour leur
« voix » : se sont les chiens courants qui chassent en aboyant,
les terriers et les chiens de bergers qui travaillent au troupeau. Par contre
le basenji est un chien qui aboie très peu.
- V. LEGOURD : Quelles
sont les méthodes d’éducation pour éviter ces aboiements
excessifs ?
- F. GAUDRON : Si le maître se situe en « chef
de meute » le chien n’aboiera pas de façon désordonnée.(dans
les meutes sauvages c’est le dominant qui possède tous les privilèges).
Pour un chien anxieux ou peureux, un travail sur la relation qui le lie à
son maître sera nécessaire (pratiquer un détachement ou
dans d’autres cas donner de l’assurance à l ‘animal).
Le développement et l’éducation du chiot peuvent être
des facteurs d’influence sur l’aboiement.
- V. LEGOURD : Quelles
sont les méthodes pour les faire cesser ?
- F. GAUDRON : Il n’y a pas de recettes miracle ! Avant
tout il est nécessaire de rechercher les causes des aboiements indésirables.
La réponse du maître face aux aboiements détermine la
réponse du chien. Chaque cas de trouble du comportement est unique
et va nécessiter une thérapie comportementale appropriée.
Le maître qui gronde sans cesse le chien aboyeur ou le noie de longs
discours, accentue les aboiements du chien. Ignorer, détourner l’attention
du chien en l’entraînant autre part, un seul « NON »
sec font partie, selon les cas, des conseils faciles à appliquer.
- V. LEGOURD : Que
conseilleriez-vous comme accessoire ou traitement ?
- F. GAUDRON : Personnellement je ne conseille aucun accessoire
pour corriger ce comportement indésirable. Seul le changement des réactions
du maître et de sa relation avec l’animal pourront éteindre
ces aboiements incessants.
Il existe des colliers anti-aboiements qui ne s’attaquent pas aux causes,
donc ne règlent pas le problème.
- Collier par jet de citronnelle : il devient vite inefficace car le chien
s’habitue à recevoir la citronnelle.
- Collier par décharge électrique : il peut être dangereux
car il peut provoquer des brûlures et de plus, il pourra aggraver l’état
psychique d’un chien anxieux. Il est à bannir.
Féminin Pratique : Spécial Chiens N°7
Rubrique Enquête : Lieu et choix
du couchage.
Interview de comportementalistes
par Virginie LEGOURD.
- V. LEGOURD
: Pour un chien, quel est l’endroit
idéal pour dormir et pourquoi ?
- F. GAUDRON : Le
lieu où le chien de la famille dort est primordial pour sa place hiérarchique
dans la « meute humaine ». En effet, le chien qui vit en meute
se situe tout comme le loup de façon hiérarchique. Dans une
meute, le chien et le loup dominants ont des prérogatives comme choisir
les premiers les meilleurs morceaux de nourriture et bien sûr le meilleur
emplacement, en hauteur, pour leur « couche » afin de surveiller
les membres subalternes.
Donc, pour notre chien familier il est recommandé de lui choisir dans
la pièce un emplacement calme pour dormir en évitant un passage
forcé entre deux meubles ou un lieu stratégique comme le couloir,
le bas d’un escalier ou vers une porte lorsque les passages sont trop
fréquents.
Une autre condition à privilégier est la situation « basse
» de la couche avec une couverture épaisse isolée du sol
soit par un caillebotis très bas ou une autre épaisseur de couverture
et ceci afin d’éviter l’humidité. (Il existe des
tissus imitation peau de mouton lavables qui sont vendus dans les magasins
spécialisés pour animaux).
La chambre et qui plus est le lit du maître sont à proscrire
afin qu’il ne partage pas le repos de son maître qui demeure impérativement
le « dominant ».
Situé dans un lieu neutre et dans un niveau bas, le chien se sentira
subalterne et considérera le maître comme dominant.
Un garage, une buanderie un peu chauffés l’hiver, peuvent convenir
à un chien de grande race.
- V. LEGOURD : Le faire dormir dedans ou dehors, pourquoi, selon quels critères ?
- F. GAUDRON :
Les races de chiens rustiques comme certains
chiens de chasse,chiens nordiques, chiens de berger et chiens de garde peuvent
dormir dehors dans une niche ou un abri suffisamment spacieux et isolé
en moellons ou en bois. La tôle utilisée seule est un matériau
non isolant et donc à proscrire.
C’est au maître de voir ce qu’il préfère pour
son animal en respectant le bien-être de celui-ci. Le siège arrière
de la carcasse de voiture qui pourrit au fond du jardin est également
à éviter aussi bien pour l’œil que pour la relation
du chien avec l’automobile en général !
Personnellement je préfère laisser dormir mes bergers de brie
dans une pièce de la maison, chauffée modérément
l’hiver et en n’oubliant pas de bien prévenir les invités
exceptionnels d’éviter de traverser seuls et de nuit le domaine
des chiens (bien qu'ils soient très bien socialisés).
- V. LEGOURD : Quelles sont les règles à respecter en matière de panier (placement, nettoyage, avec ou sans jouets, avec ou sans bol d’eau) ?
- F. GAUDRON :
Il est préférable de placer le
bol d’eau dans un autre lieu que celui du couchage.
Les paniers peuvent être en osier ou plastique mais attention aux chiots
qui ont tendance à croquer les morceaux de rotin et à les avaler.
Même le plastique dur peut subir le même sort sous les crocs du
chiot qui calme la douleur de ses dents qui poussent.
Il est plus facile pour les grandes races de prévoir la couverture
décrite plus haut.
On peut aussi préconiser un « varycanel » (boîte
de transport) adapté à sa taille dans lequel le chien se sent
en sécurité car il se terre comme dans une sorte de tanière.
Les jouets préférés du chien l’accompagnent souvent
dans sa « couche » et on peut donc les lui laisser.
- V. LEGOURD : Quand il fait froid, faut-il rentrer la niche, investir dans un plaid ?
- F. GAUDRON :
Les chiens habitués à dormir dans
une niche aménagée confortablement n’aiment plus dormir
en intérieur et si la niche est bien abritée il la préférera
à la chaleur de l’intérieur d’une maison même
en hiver.
Les conditions pour qu’une niche soit confortable sont les suivantes
:
- surélevée pour laisser un passage d’air et éviter
le contact avec l’humidité du sol (sinon gare aux rhumatismes
!) avec des parois et un toit étanches.
- éviter de la placer en plein nord, dans les courants d’air,
etc.
- si possible capitonner l’intérieur, prévoir de la paille
que l’on change régulièrement ou des couvertures que l’on
peut laver
- l’idéal est de placer la niche contre la maison à l’abri
des vents dominants et sous un auvent.
| REMARQUE : Le chien, animal de meute, n' aime pas être séparé de celle-ci : isolé il se sent vunérable. Il est donc préférable qu' il soit à l' intérieur de la maison. Le risque que le chien soit volé par des trafiquants sans scrupule (revendu pour la reproduction, les combats de chiens, les laboratoires ou pour sa peau) est beaucoup moins grand. |
- V. LEGOURD
: Que faire si son chien refuse de dormir
dans son panier ou sa niche ?
- F. GAUDRON : Le chien peut
préférer un autre endroit pour dormir et s’il ne s’agit
pas d’un point stratégique, vous pourrez y placer son panier.
En général il l’acceptera alors bien.
Le féliciter chaque fois qu’il vient s’allonger dans son
panier où sa niche est un moyen de l’encourager à revenir
s’y reposer.
Un chien qui ne veut pas entrer dans une niche peut être attiré
par un peu de nourriture qu’il aime particulièrement et que l'
on place à l’intérieur.
- V. LEGOURD
: Quand
et comment éduquer son chien à dormir dans sa niche ou son panier
?
- F. GAUDRON : En
général le chien accepte bien le lieu de repos choisi par son
maître. Il suffit de lui montrer plusieurs fois et il comprendra vite
que c’est là qu’il doit dormir.
Ce lieu est un refuge pour lui, lieu de quiétude dans lequel ni le
maître ni les enfants ne doivent le déranger.
Il est important d’apprendre aux enfants à respecter le sommeil
et le lieu-refuge du chien afin d’éviter tout accident.
- V. LEGOURD
: Une
niche un panier, est-ce vraiment nécessaire ? Où le chien doit-il
dormir en règle général ?
- F. GAUDRON : Cf. réponse
à 1ère question
- V. LEGOURD
: Pourquoi,
malgré son magnifique panier, il préfère le fauteuil
de son maître et va jusqu’à grogner lorsque quiconque cherche
à l’en déloger ? Que faire ?
- F. GAUDRON : Le
chien qui préfère le confort du fauteuil de son maître
à celui de son panier est un chien qui affirme sa dominance ; il veut
prendre la place du leader de meute.
C’est au maître de le lui interdire et de lui montrer son «
nid » (lieu de repos), ou le tapis au pied du fauteuil.
Le chien qui grogne lorsque le maître le déloge affirme à
nouveau qu’il se prend pour le chef et fait respecter son lieu de couchage
en hauteur réservé aux « supérieurs ». Le
maître doit se montrer ferme (sans violence) et persuasif pour reprendre
sa place comme « chef de meute »
Féminin Pratique : Spécial Chiens N°8
Rubrique Pratique : Les jouets
Interview de comportementalistes
par Virginie LEGOURD
-V. LEGOURD : Pour un chien, quel sens le jeu a-t-il ?
- F. GAUDRON :
Pour LORENZ Konrad le jeu est" l' activité typique d' un organisme
en développement. Il régresse chez l' animal fini" (dans
:Tous les chiens, tous les chats. Il parlait avec les mammifères, les
oiseaux, les poissons., Flammarion. Paris 1987)
Les jeux développent les aptitudes physiques, motrices et psychiques
du chiot. Ils permettent la mise en place des processus émotionnels.
Le jeu est indispensable pour son développement psychomoteur et pour
l’apprentissage des futurs comportements d’adulte de son espèce
ainsi qu’à l’équilibre du jeune : c’est une
activité de grande importance.
Le jeu permet aussi de dépenser le trop plein d’énergie
du chiot, du chien adolescent et aussi du chien adulte.
Il existe deux sortes de jeux
: les jeux individuels qui sont d’abord psychomoteurs ce sont les premiers
à apparaître (Jeux avec la queue des frères et sœurs,
de la mère, jeux d’escalade, de courses rapides) puis apparaissent
les jeux individuels avec un objet qui simule souvent les activités
de chasse et de prédation (le jouet est souvent identifié à
une proie
comme attraper une souris, un lapin ) chez le chien ils ne persistent pas
à l’âge adulte (contrairement au chat)
Ensuite seulement viennent les jeux sociaux qui permettent les apprentissages
des comportements adultes de l’espèce : la communication, le
langage de l' espèce, les lois sociales, la hiérarchie, les
stratégies de combat et les techniques de chasse. Ils permettent aussi
la cohésion de la fratrie.
- V. LEGOURD
: Qu’est-ce
que le jeu apporte à la relation maître/chien ?
- F. GAUDRON : Le jeu entre le chien et son maître permet une
meilleure relation. Il consolide, grâce à l’interaction,
le lien affectif qui les lie.
Le jeu est pour le maître un moyen pour récompenser le chiot,
le chaton qui a exécuté le bon comportement lors de son éducation.
Si le maître souhaite détourner son attention d’un lieu,
d’un objet interdit, il peut l’entraîner dans un jeu pour
lui éviter une « désobéissance »
- V. LEGOURD
: Quelles
sont les règles à respecter ? Qui décide où et
quand on joue, à quoi, combien de temps ?
- F. GAUDRON : L’initiative du jeu avec un chien est
toujours prise par le maître qui se positionne alors en « chef
de meute ». (Dans la meute le leader décide de toutes les activités,
jeux, départ à la chasse, déplacements etc.)
Le maître ne doit jamais accepter les jeux de « mâchoire
» c’est à dire ceux qui consistent à tirer le bâton
ou le chiffon que le chien apporte dans sa gueule. Ces jeux sont nocifs pour
les dents et la mâchoire du jeune chien et si le chien gagne «
l’objet » il prend la supériorité sur son maître.
D’autre part ces jeux de tiraillement peuvent accentuer le besoin de
mordre donc d’encourager l’agressivité chez le chien.
Le jeu peut-être réservé aux activités de plein
air. Il peut se pratiquer soit avec une balle ou de frisbees, soit par des
jeux de cache-cache (le maître se cache derrière un arbre et
le chien le recherche, ceci développe l’attention du chien pour
son maître)
Le maître doit arrêter le jeu s’il dégénère
c’est à dire si le chien s’énerve et s’excite.
La longueur du jeu est toujours fonction de la résistance physique
de l’animal, de son âge, de sa fatigabilité et de son endurance.
- V. LEGOURD
: Les
chiens jouent-ils ensemble ? Quels sont leurs jeux préférés
? Qu’est-ce que cela traduit de leurs relations entre congénères
?
- F. GAUDRON : Avant de jouer, les chiens qui ne se connaissent
pas, commencent par un affrontement pacifique fait de postures du corps, du
port de la queue et des mimiques faciales (positions des oreilles, expression
du regard, ouverture ou non de la gueule avec crocs découverts ou non).
Ce langage corporel précise à l’autre chien la place hiérarchique
qu’il veut prendre vis à vis de cet inconnu (dominant ou dominé).
Une fois la hiérarchie acceptée le dominant initie l’invitation
au jeu par une posture spécifique : son train arrière est relevé,
la queue fouette l’air et les pattes antérieures sont allongées
au sol, oreilles pointées vers l’avant comme s’il effectuait
une révérence ou parfois aussi il s’assoit devant le congénère,
lève une patte et l’agite.
Ensuite seulement les jeux de course-poursuite, d’échange ou
de défense d’un bâton ou d’une balle commencent.
Un chien qui joue avec un autre est un chien qui a été bien
socialisé dans sa petite enfance et a expérimenté les
jeux avec ses frères et sœurs c’est un chien équilibré.
|
Photo F. GAUDRON |
- V. LEGOURD : Un chien qui refuse de jouer avec un homme, cela veut dire quoi ? Et avec un autre chien ? - F. GAUDRON : Il peut s’agir d’un chien qui dans son enfance a été retiré trop précocement de la mère et de la fratrie donc qui n’a jamais expérimenté les jeux avec ceux-ci. Ces chiens (ou chats) anxieux n’ont pas lié de lien d’attachement avec leur mère ni avec ses frères et sœurs, ni joué avec eux donc ne peuvent le faire ni avec le maître ni avec les autres congénères. |
Mais il peut aussi s’agir d’un comportement passager dû à un mal-être physiologique comme une maladie ou une algie avec température ou d’un trouble psychique comme une dépression.
- V. LEGOURD : Quels jouets acheter à son chien en fonction de son âge, de sa race , des activités…?
- F. GAUDRON : Les
balles, les jouets divers en caoutchouc (sans sifflets et sans systèmes
métalliques qui produisent des sons car le chien ou le chat peut les
ingérer lorsque le jouet est percé)
Les frisbees sont des jouets qui plaisent aux chiens.
La taille du jouet doit être fonction de la taille de la gueule de l’animal.
-V. LEGOURD
:
Une fois qu’on lui a offert un jouet, quelle attitude adopter,
quand lui confisquer, quand le nettoyer, quand le changer ?
- F. GAUDRON : Le jouet porte l’odeur de l’animal,
mais s’il est très souillé le maître peut le laver
et le lui rendre.
Ne retirer le jouet au chien que s’il présente un danger pour
l’animal par exemple s’il ingère des morceaux du jouet
ou s’il risque d’avaler le mécanisme intérieur.
- V. LEGOURD
: Quelle
valeur le chien apporte-t-il à ses jouets ?
- F. GAUDRON : Un chien joueur aime à apporter ses
jouets dans son panier ou sur sa couverture (lieu où il dort) afin
de les avoir près de lui.
- V. LEGOURD
: Que
faire si notre chien préfère les jouets du petit enfant de la
maison ou les chaussures de son maître ?
- F. GAUDRON : Avec calme le maître apprendra au chien
à ne pas voler les chaussures ou les jouets de l’enfant. Il évitera
surtout de le poursuivre ou de tirer le larcin de sa gueule car cette attitude
inciterait le chien à jouer et à recommencer.
L’apprentissage du « pas toucher » dit sur un ton ferme,
sans hurler, permet d’éviter que le chien prenne les «
objets interdits ». L’apprentissage du « donne » est
utile pour faire rendre l’objet par l’animal. Le maître
peut aussi détourner l’attention du chien « voleur »
en l’attirant vers ses propres jouets et l’inciter à jouer
avec.
| Remarque : Quant au chat s’il vit à l’intérieur de la maison sans pouvoir sortir en extérieur il est souhaitable qu’il ait de nombreux jouets pour pouvoir exprimer tous ses comportements félins surtout ceux de chasseur (prédateur, le chat a besoin de chasser c’est une activité qui occupe 25 à 30% de son temps de veille.) Les jouets les plus adaptés sont les jouets qui s’animent ou une balle légère, que le chat peut poursuivre (comme s’il s’agissait d’une souris) les objets suspendus au bout d’un fil ou des plumes attachées que le chat peut attraper et faire bouger avec sa patte comme s’il attrapait un oiseau. Les jouets doivent être légers et faits d’une matière malléable que le chat peut griffer et saisir. Pour dépenser son énergie le chat a besoin de grimper, courir et sauter. Les jeux animés par le maître sont préférables car une interaction se crée ce qui permet de construire entre les deux une grande complicité. Ils empêcheront l’ennui, donc le stress chez le chat enfermé. |
Auteur : Françoise
GAUDRON comportementaliste animalier (chiens et chats)
Intervenante à C.E.E.P.H.A.O (Centre de formation de comportementalistes)