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articles chats et chiens |
Comment
agir quand son animal est malade? |
Texte co-écrit avec Danièle MIRAT comportementaliste dans Santé Pratique Animaux n° 5 juillet 2003 p.5/6
Tout
comportement inhabituel chez son animal doit alerter ses maîtres ; c'est en
effet un message : quelque chose se passe….
Le chien et le chat sont particulièrement ritualisés dans leurs comportements
du quotidien, souvent "réglés comme du papier à musique" pour réagir à nos
emplois du temps qui dictent les leurs. C'est d'ailleurs dans la " routine
" que nos animaux familiers se sécurisent et qu'ils se sentent le mieux ;
l'habituel, le prévisible, les rassurent. Au rythme de nos allées et venues,
entièrement dépendant, le chien se fabrique un emploi du temps canin perso,
tout organisé autour de nos activités humaines, professionnelles ou autres.
Il en est de même pour le chat, même si celui-ci peut sortir parfois
et donc être un peu plus libre. .
Toute modification singulière des conduites de nos compagnons, de leur aspect physique et leur regard doit donc retenir l'attention du maître.
......Si
l'animal a :
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- la "mine abattue", ne mange plus, ne joue plus...
- un manque d'entrain à sortir en promenade (pour le chien)...
- des habitudes d'hygiène qui se sont dégradées (pour le chat)...
- s'il cherche à se cacher ou s'isoler...
- s'il est agité, halète fortement, change
de position constamment...
- s'il geint, boîte, s'essouffle, vomit, tousse, crache, a la diarrhée....
Autant de comportements qui signalent l'inconfort, la douleur, le malaise
manifeste et qui doivent donc nous alerter.
Sans se précipiter chez son vétérinaire au moindre gémissement, il y a lieu
de faire preuve de calme et discernement ; répondre promptement s'il y a urgence
ou plutôt prendre un peu le temps d'examiner la situation. Les maîtres d'animaux
familiers se sentent souvent démunis face à la maladie de leur compagnon,
un peu comme ces parents avec leur bébé malade, qui ne peut expliquer ni son
mal ni son ressenti.
Il est parfois difficile de
faire la part des choses devant le changement remarqué : est-ce le signe annonciateur
de maladie grave ou "cela va t'il passer rapidement ? "
Téléphoner à son vétérinaire et lui décrire les symptômes remarqués sera sage
et permettra d'agir rapidement et de moins s'inquiéter.
Ces praticiens nous ont appris à avoir le réflexe de prendre la température
de notre animal qui semble mal en point. Les normales pour chiens et chats
se situent entre 38°5/39°. En dessous de 37°5 ou au-dessus de 39°9, il y a
lieu de s'alarmer et faire examiner l'animal au plus vite.
Les vétérinaires nous ont appris aussi à repérer certains symptômes
qui les guideront vers un diagnostic plus rapide ; ils nous informent par
exemple :
- Qu'en été, une respiration rapide, des halètements sonores et une démarche
chancelante peuvent être les signes d'un coup de chaleur.
- Un chien abattu sans appétit, dont les urines deviennent foncées, peut faire
penser à une piroplasmose transmise par une tique infectée.
- Un chien de grande taille, prostré, faisant de vains efforts pour vomir,
peut faire un retournement d'estomac (complication survenant souvent après
l'absorption d'une grande quantité d'aliment ou d'eau, suivie d'effort physique
intense) Il sera nécessaire d'opérer sur l'heure pour sauver l'animal.
- Un chat qui n'arrive plus à déglutir peut faire une angine ou une affection
de l'appareil digestif (dents, larynx..)
- Un animal qui boit énormément, s'essouffle facilement…une affection des
reins ou autre maladie.
- Un animal qui boîte s'est peut-être fait une entorse, une fracture (mais
avant de s'alarmer, il est bon de regarder s'il n'a pas un caillou, une épine
dans la patte, un gland entre les coussinets!)
Lorsque le maître a imaginé le pire, la tension retombe un peu chez le vétérinaire avec lequel s'est nouée une relation de confiance. Mais les visites chez ce praticien enchantent rarement nos compagnons. Nous voulons les soigner pour les voir guérir, mais ils n'ont aucune possibilité de comprendre le sens d'interventions médicales parfois douloureuses. Comment un animal pourrait-il comprendre et apprécier que c'est pour son bien qu'on lui fait subir des soins déplaisants ?. Ils sont peu coopératifs pour certains, et on les comprend ! Ils n'aiment pas qu'on les enferme, les attache, les muselle, les immobilise écrasés sur une table, les pique ou leur enfonce instruments ou produits dans les orifices naturels, etc.…idem pour les êtres humains d'ailleurs, bien qu'ils aient la capacité de s'expliquer ces nécessités ! Les animaux eux, vivent toute cette sollicitude comme une atteinte à leur bien-être, à leur intégrité physique.
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Dès leur plus jeune âge, quelques apprentissages appropriés peuvent les aider à mieux vivre ces passages parfois obligés dans ce lieu aux odeurs fortes et non familières. On peut commencer par : Habituer tôt le jeune animal à être manipulé par différentes personnes, doucement, debout, couché, avec des caresses ; d'une voix enjouée obtenir gentiment son calme et prendre garde à ne pas lui faire vivre négativement tout contrôle régulier des yeux, oreilles, pattes…obtenir progressivement sa docilité par terre pour ces soins, puis ensuite sur une table, et gratifier la docilité d'une petite friandise. · Habituer également de manière ludique, le chiot ou le chaton à entrer, occuper et ressortir de sa boîte de transport, en y jouant avec lui par exemple. Ou bien la laisser ouverte près de son lieu de couchage pour qu'il la découvre par lui-même : cette boîte n'est ainsi plus associée d'avance à un fatal mauvais traitement. · Familiariser très tôt le chiot à la muselière, en la banalisant et gratifiant l'animal en mettant une gourmandise au fond. On peut s'y prendre de même avec un adulte, en la lui faisant porter de courts instants, sans raison ou en jouant avec lui, en le caressant. Le transport en voiture doit être associé aux sorties agréables comme la promenade par exemple, et pas juste réservé aux visites chez le vétérinaire (c'est souvent le cas pour le chat qui reconnaît déjà la boîte comme signe annonciateur de misères) Grâce à ces quelques apprentissages, les soins chez le vétérinaire seront déjà vécus un peu moins durement. La détresse émotive ne naîtra pas d'avance dans la boîte de transport ; monter sur la table d'examen, être manipulé, inspecté, porter sa muselière (si elle est nécessaire)…tout cela ne sera pas forcément promesse de tourments mais gestes de bienveillance.
Lors de ces visites, un animal perçoit très bien l'attention renforcée, l'inquiétude, les émotions négatives du maître, et il est évident que notre anxiété ne l'aide pas, bien au contraire. Son bien être commande davantage une certaine neutralité de notre part ; inutile de vouloir le rassurer par exemple quand il tremble, ce qui aboutit à l'effet inverse, c'est-à-dire le conforter dans le fait qu'il a raison d'être effrayé ! Dans ces circonstances ou d'autres, nous aidons l'animal qui a peur si nous banalisons ce moment et s'il ne rencontre rien d'autre que notre calme. Une fois le diagnostic établi, le maître suivra scrupuleusement les prescriptions du vétérinaire. Les soins doivent être effectués sans excès, avec douceur sans forcer l'attention que l'on porte à l'animal malade. Plutôt qu'employer la manière forte pour administrer un médicament ou réaliser un soin, veillez à aborder l'animal d'une voix incitatrice et gaie. Pas non plus question de l'attirer à vous avec une friandise par exemple, pour le capturer traîtreusement et lui faire ensuite subir vos manipulations. Vous n'instaurez pas la confiance et risquez de retarder la guérison de votre compagnon. Au contraire, prenez le temps de le faire venir vers vous gentiment, et vous aurez plus de chance d'obtenir sa coopération, par la promesse de vos attentions et caresses. Les interactions basées sur la confiance ont toujours une fonction tranquillisante, à l'inverse celles basées sur la tromperie sont toxiques et angoissantes. Si l'animal souffre, certains soins sont parfois douloureux. Comprenez alors qu'il peut se retourner sur la main qui l'agresse ; anticipez dans ce cas, et prévoyez alors de vous protéger. Par contre, ne négligez jamais de caresser de la voix et de la main, l'animal qui a été patient et docile quand vous avez vérifié, par exemple, points de sutures, écoulements ou infections possibles après une opération. Il a surmonté sa peur en vous faisant confiance, les soins suivants en seront facilités.
| Après avoir bien récupéré d'un acte chirurgical, certains animaux sont heureux de pouvoir jouer et sauter de nouveau ! c'est aux maîtres de juguler ces fougues pour éviter les complications (même chose pour un cardiaque !) Et s'il est capital que nos compagnons aient à la maison "une place à eux" pour se reposer, quand ils sont malades ils ont encore davantage droit à la quiétude. | ![]() |
Malgré tous ces soins, il arrive parfois que la maladie ou la boiterie récidive. Qui n'a pas connu une chienne à la "claudication diplomatique" ? Bien que guéri, l'animal utilise ce stratagème pour attirer l'attention et ce comportement lui apporte la sollicitude affectueuse obtenue lors des soins post-opératoires, ou pour se rendre pitoyable lorsqu'il est grondé. D'autres fois, ce sont les mêmes gastrites, diarrhées ou dermatoses qui reviennent. Chiens et chats qui vivent avec les humains, se laissent imprégner telle une "éponge affective" [1] par leur environnement dont font partie les maîtres et leurs problèmes. Émotionnellement en première ligne, ils partagent leurs tracas, contrariétés et conflits. Ils subissent leur anthropomorphisme, leur méconnaissance des spécificités de leur espèce canine ou féline. Le chien, animal social auquel un statut hiérarchique clair doit être offert pour son confort relationnel, se voit souvent attribuer maladroitement les privilèges de la dominance par ses maîtres, qui prétendent ensuite exiger son obéissance. A cette place intenable, le chien déploie des comportements désordonnés en proie à des émotions contradictoires. Or des émotions non gouvernées finissent toujours par provoquer des troubles métaboliques [2], et pour peu que ces émotions soient durables, ces troubles métaboliques finissent par provoquer des maladies organiques. La peau semble le récepteur le plus sensible à ces modifications bio émotionnelles. Le tube digestif est lui aussi un excellent récepteur d'émotions…l'appareil urinaire…le cœur [3] ..Résultat, l'animal se gratte ou se lèche nerveusement, tousse, boîte, aboie, miaule, demande la porte, tourne après sa queue, urine ou défèque dans la maison…
Le
chat plus indépendant que le chien arrive à prendre plus de distance
face aux problèmes des humains, sauf s'il vit une relation symbiotique avec
son maître.
Tzarine, chatte de la race "Sacré de Birmanie" vit seule avec Brigitte très
angoissée qui la caresse ou la cajole de manière excessive. Elle se lèche
certaines parties du corps et de la queue et ces léchages stéréotypés vont
jusqu'à l'automutilation, laissant apparaître des plaques d'alopécie. Malgré
plusieurs traitements dermatologiques ordonnés par le vétérinaire, elle n'est
pas guérie. Dès son retour du travail, plus Brigitte "chouchoute" et inspecte
le pelage de la chatte, et plus la Birmane se mutile. Le toilettage a normalement
chez le félin une fonction anxiolytique. Dans le cas d'angoisse vécue par
l'animal, ce toilettage outrancier devient une activité de substitution pour
se calmer. Les caresses excessives de Brigitte, ainsi que les attentions et
les contrôles anxieux du poil de la chatte, perpétuent son comportement de
léchage.
Nombre
d'affections sont donc les symptômes de dysfonctionnements de la relation
homme/animal ou de problèmes personnels de membres de la famille
(instance de divorce ou conflit momentané..)
Face à toute maladie de l'animal familier le maître
devrait re-situer cette "plainte" dans le système relationnel et
se poser les questions suivantes :
- Qu'est-ce qui a changé dans l'environnement de l'animal ?
- N'y a-t-il pas actuellement un problème personnel ou familial qui me fait
réagir différemment face à lui ?
- Quelle est mon attitude envers mon animal ? Ne suis-je pas trop anxieux
pour lui ? Mon attachement pour lui n'est-il pas excessif, est-ce que je ne
le cajole pas trop ? Ne me suis-je pas appuyé sur l'entretien et le maintien
de cet attachement qui ne laisse pas devenir mon animal plus autonome et équilibré
?
- Est-ce que je ne projette pas sur lui des désirs inconscients, des fantasmes
que l'animal ne peut ni réaliser ni assumer ? (Ceux-ci influencent la manière
d'être avec le chien ou le chat et interfèrent sur les affects et la santé
de ces derniers)
Boris CYRULNIK l'explique dans "le cas Pupuce" [3] et dans "le chien de remplacement"
[4] qui se réfugie dans la maladie parce que son maître le vit à travers son
premier chien décédé et idéalisé.
Tout comportement en situation d'interaction a valeur de message, la maladie aussi pourrait bien en être un....
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1] B. CYRULNIK "Les
animaux de compagnie peuvent être des symptômes de troubles psychiatriques"
Le Monde 26/09/99
[2] R. DANTZER " L'illusion
psychosomatique" O. Jacob
[3] B. CYRULNIK " Sous le signe du lien, une histoire naturelle de
l'attachement " Paris, Hachette/Pluriel 1992
[4] B. CYRULNIK "L'ensorcellement
du monde" O. Jacob 1997
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Françoise GAUDRON et Danièle MIRAT
Comment
gérer la maladie |
Texte
co-écrit par Françoise GAUDRON et Laurence
BRUDER comportementalistes animaliers
dans les Dernières
Nouvelles d'Alsace
du 08 Février 2004
Les propriétaires d'animaux familiers se sentent souvent démunis face à la maladie et la souffrance de leur compagnon. Il peut être utile de se poser certaines questions afin de se préparer à cette éventualité qui, malheureusement, se produit tôt ou tard.
|
(Dessin de Chriske) |
Lorsque
l'animal change de comportement, ne joue plus, est abattu, lorsqu'il
gémit, que son appétit diminue ou qu'il ne mange plus, qu'il reste
prostré sur sa couche, le maître doit avoir le réflexe de le conduire
au plus vite chez son vétérinaire. Les soins éventuellement prescrits
par celui-ci seront effectués scrupuleusement, avec patience et douceur,
mais sans être excessif dans l'attention que l'on porte à l'animal
souffrant. Mieux vaut lui apporter réconfort et soins adaptés plutôt
que tenter de partager sa détresse, car souffrir avec lui n'arrange
et ne réduit en rien sa douleur. |
|
| Au
contraire, vouloir veiller sur lui en permanence dramatise encore
plus une situation déjà difficile et risque de le conforter dans un
état de dépendance envers vous. |
||
Ayant réussi à capter toute votre attention, votre compagnon pourrait décider de continuer à geindre sans raison pour que les sollicitudes à son égard se prolongent. Si l'animal qui souffre se trouve dans une famille avec enfants, les parents conseilleront à ces derniers de laisser l'animal se reposer au calme, de jouer plus loin et ne pas le solliciter pour des jeux. Ils leur expliqueront aussi que les caresses trop appuyées pourraient déclencher chez lui une douleur. L'animal ayant une réaction de défense pourrait alors mordre ou donner des coups de griffes.
Lorsque l'animal aimé souffre de façon persistante malgré les traitements, que tout espoir de guérison s'amenuise, le maître se pose forcément la question d'abréger son calvaire.
Cette grave décision ne peut être prise qu'en concertation avec le vétérinaire. Elle ne doit être arrêtée que dans le seul intérêt de l'animal et jamais pour convenance personnelle.
F. GAUDRON et L. BRUDER
Ils
vieillissent. A
nous de nous adapter ? |
Texte co-écrit avec Danièle MIRAT comportementaliste dans Santé Pratique Animaux n°11 février 2004 p.4-5-6
Les progrès en médecine, chirurgie et diététique vétérinaire ont contribué à allonger sensiblement la vie de nos compagnons "à 4 pattes". Pour nous, une année de plus n’est rien, mais il n’en est pas de même pour eux. Progressivement, leurs fonctions vitales se détériorent et leur enthousiasme décline. Nous devrons les accompagner dans leur vieillesse en aménageant leur rythme de vie, en leur évitant les efforts inutiles, en veillant à leur propreté et à leur alimentation.
Un jour, on remarque la barbiche blanche de notre briard, les yeux opaques de notre caniche ou la léthargie accompagnée de gloutonnerie de notre chatte de gouttière… Eh ! Oui, ils vieillissent !
Chiot ou chaton, dès leur arrivée à la maison, avec vigilance, patience et indulgence nous avons dû leur faire faire l’apprentissage de la vie avec nous. Passé ce temps de l’enfance, le respect dû à un animal entièrement dépendant a maintenu notre attention, pour offrir à notre chien et/ou notre chat tout le soin dont ils avaient besoin.
Mais arrivés à l’heure de la vieillesse, c’est peut-être là que nous leur devons le plus, alors comment leur faire vivre sereinement leur vie de seniors ?
Qu’est-ce que la vieillesse ?
Nullement une maladie mais un processus normal du monde des vivants, la vieillesse s’installe insidieusement dans le dernier quart de vie d’un organisme. On y voit un état d’affaiblissement des forces et des facultés, les effets du vieillissement gagnent petit à petit l'appareil digestif, urinaire, cardio-vasculaire et respiratoire, le système nerveux, locomoteur, reproducteur... jusqu’à ce que les fonctions ralenties de l’organisme s’arrêtent définitivement.
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A quel âge est-il vieux ? En fonction de leur
taille, leur poids, leurs conditions de vie ainsi que de leur potentiel
génétique personnel, nos chats et nos chiens ne sont pas égaux devant
le vieillissement. |
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On observe qu’un grand chien entre dans le 3ème âge après ses 7 ans, son espérance moyenne de vie étant de 10 à 12 années. Les chiens de travail (gendarmerie, sauvetage, ring, pistage…) et les chiennes reproductrices sont mis à la retraite à partir de cet âge.
Un chat ou un chien de petite
race pouvant vivre beaucoup plus longtemps (15 à 18 ans), leur vieillesse
ne débutera que vers les 10 ans.
Basées sur des critères variés, des grilles de comparaisons d’âges de l’être
humain par rapport à ceux du chien sont même proposées. Ces estimations n’ont
d’intérêt que pour retenir qu’un chien ou un chat âgé de 10 à 16 ans n’est
pas un adolescent mais un vieillard ! et qu’il doit pour cela être traité
avec des égards.
Certains facteurs influent sur la longévité de nos petits compagnons. Le code génétique bien sûr, mais spécialement tout le soin que l’on a pris d’eux dès leur jeune âge, pour leur assurer une bonne condition physique et psychique (l’une n’allant pas sans l’autre).
Être attentif à certains signes.
Graduellement moins beau, moins
actif, moins présent, l’animal âgé est plus fragile qu’un jeune adulte et
doit donc faire l’objet d’observations et d’attentions toutes particulières.
Le regarder vivre et se déplacer, le palper, noter tout changement pour reconnaître
ses déficiences progressives, aide à vite déceler l’apparition d’une maladie
liée au vieillissement. L’allongement du temps de repos et de sommeil,
qui lui est normal, ne devra donc pas être une inquiétude.
Mais lentement l’animal peut
venir à souffrir dans sa locomotion, s’essouffler, mal entendre ou mal voir
… plusieurs de ces déficiences finissant par s’ajouter ! Résultat sa vitalité
est diminuée et il peut être moins prompt à obéir.
Le cerveau, organe de traitement des
informations et de commande est concerné par le vieillissement. Son inévitable
dégénérescence entraîne et accompagne progressivement
nombre de troubles organiques, mais aussi de l'humeur et du comportement souvent.
L'aider à mieux vivre son 3ème âge
D'abord des visites régulières chez le vétérinaire,
qui pourra retarder ou éviter l'apparition de maladies inhérences
á "l'âge mur" sachant qu'aucun traitement ne pourra jamais
rajeunir un vieil animal, mais souvent lui assurer une qualité de vie
plus optimale.
On peut obtenir une activation des
fonctions vitales ralenties par la vieillesse, une récupération
fonctionnelle du tissu nerveux, un soulagement dans les affections inflammatoires
des articulations ou des bronches, une amélioration de la fonction
cardiaque, du tube digestif, du foie, des reins... le régime alimentaire
peut être changé, adapté, supplémenté, la
prise de nourriture fractionnée...
L'homéopathe, la phytothérapie, l'acupuncture, l'ostéopathie
etc. étant particulièrement efficaces pour aider et soulager
certains maux de la vieillesse.
D'une manière générale il faut garder les habitudes du vieil animal. La routine du quotidien est rassurante et la rupture avec ses repères journaliers le désoriente et le stress facilement (une mise en pension par exemple peut être mal vécue, un déménagement, l'absence d'un membre de la famille...)
Veiller
à lui ménager une place de repos plus moelleuse (hors
courant d'air) et plus au calme, car tout en gardant le contact avec la
vie de famille, l'animal a besoin de plus longues périodes de sommeil.
Sans le reléguer, il faut le protéger notamment de l'agitation
des enfants. Leur turbulence est moins bien vécue par un chat ou
un chien devenu moins tolérant, simplement parce qu'il souffre des
maux divers de la vieillesse, d'où parfois des grognements et même
des coups de crocs du chien ou de griffes du chat. L'un
ou l'autre animal souffrant des reins, d'arthrose ou de dysplasie par exemple,
redoutera aussi les caresses qui deviennent douloureuses, d'où
là encore de légitimes réactions agressives pouvant augmenter.
Aux adultes de faire comprendre aux enfants de la famille, à leurs
petits camarades et à ceux qui croisent le chien au cours des balades,
que l'animal âgé est moins patient, qu'il veut moins jouer
et recherche moins les caresses. Parce que sa vitalité et sa mobilité
ont diminué, les enfants devront apprendre à l'aborder et jouer
avec lui sans brutalité, à faire des caresses moins appuyées
et moins prolongées pour son dos ou ses pattes arthrosiques.
Pourquoi tant d'enfants ont-ils été
mordus par leur vieux chien pourtant " gentil " jusque là
? parce que l'animal qui a souffert de leurs rudesses répétées,
a eu un jour la réaction naturelle de défense chez les canidés
: la morsure. L'animal avait probablement grogné ou montré les
crocs auparavant, il avait déjà " prévenu "
en quelque sorte, mais les très jeunes enfants en particulier, ne repèrent
pas cette menace du chien destinée à faire cesser leur comportement.
L'animal fini par mordre parce qu'il n'a pas vu aboutir ses avertissements
et qu'il continue d'être victime de brutalités.
Les signes du 3ème âge chez l’animal Les signes du 3ème âge se voient aussi bien sur le plan physique que sur le plan psychologique et comportemental. Physiquement
Ses performances physiques diminuant progressivement, l'animal se
fatigue plus vite, il peine à sauter ou monter les marches. Psychologiquement et comportementalement Graduellement la vie
relationnelle de notre compagnon vieillissant s'appauvrit. Mais ce
phénomène s'accompagne parfois de troubles de l'humeur
et du comportement plus marqués, et certains de ces dysfonctionnements
nécessitent de consulter le vétérinaire :
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Progressivement adapter le rythme, la durée et les lieux de promenade du vieux chien (plus courtes, plus lentement et sur des parcours plus plats). Les balades doivent être ajustées à sa mobilité réduite, son insuffisance cardiaque et/ou respiratoire, sa surdité et/ou sa plus mauvaise vision, en les réduisant un peu plus lors de conditions climatiques extrêmes (fortes chaleurs ou froids intenses). Les manteaux et imperméables du commerce protégeront les plus fragiles. Penser notamment a l'aider à monter ou descendre de voiture, prendre garde à ne pas le laisser trop s'éloigner (certains, soudainement inquiets en ne voyant plus leur maître, se mettent en danger en courant en tous sens). La surdité du vieil animal peut être compensée, en essayant de rester dans son champ de vision et développant une gestuelle exagerée et incitative pour le rappel entre autre (attention en pénombre l'hiver, il y voit moins bien !)
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Par temps doux, un brossage
précautionneux adapté une fois encore aux raideurs,
douleurs, ou imperfections de la peau, reste bénéfique.
Il permet la surveillance de grosseurs, de présence de parasites
nuisibles, etc...tout en maintenant le contact corporel et la tendre
complicité avec un animal, que ses facultes sensorielles diminuees
isolent un peu (et toujours pour les raideurs douloureuses, attention
à l'essuyage des pattes sales au retour des sorties) |
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Ce maintien d'une activité modérée est nécessaire au bon équilibre d'un vieux chien, et pas de "retraite brutale" à celui qui chassait ou faisait du jogging avec son maître sous prétexte qu'il n'est plus performant ! (il pourrait en déprimer)
Veiller plus souvent au niveau d'eau de la gamelle d'un animal dont la soif est augmentée (sans chercher à reduire sa consommation, sous prétexte de mictions plus fréquentes)
Un nouveau compagnon ?
Il vaut mieux s'abstenir d'amener
"dans les pattes" d'un chien ou d'un chat senior, un chiot turbulent
par nature, qui risque de le bousculer et l'épuiser avec sa vitalité
débordante et ses mordillements. Mais si l'on introduit un jeune
animal dans le groupe familial quand le senior est encore bien actif, alors
c'est bénéfique pour les deux. Le jeunot va faire maints
apprentissages par imitation avec son "vieux prof" (il vaut mieux
à ce sujet avoir plutôt un "ancien"bien aux ordres,
car ses mauvaises habitudes vont aussi "déteindre" sur le
plus jeune !)
Stimulé, le senior peut retrouver une seconde jeunesse, mais il faut
veiller aussi bien à respecter l'ascendant qu'il maintient sur le jeune,
qu'à parfois le modérer si ne se sentant pas vieillir, il en
faisait un peu trop !
Et si enfin plus tard avec tous vos soins, votre chien ne passe plus son temps qu'à dormir et semble devenir comme plus "mécanique", à n'être plus intéréssé que par sa gamelle et l'heure des sorties (pour d'ailleurs vouloir rentrer très vite des ses besoins faits !) il faudra devenir encore plus indulgent pour l'accompagner jusqu'à sa fin.
Maintenir son vieil animal en vie dans le confort jusqu'à sa mort, ne devant évidemment jamais vouloir dire que l'on va s'obstiner de manière déraisonnable pour le garder, et finir par le faire souffrir inutilement et uniquement pour notre propre confort.
Françoise GAUDRON et Danièle MIRAT
Deuil
de l'animal : Un
cérémonial est nécessaire |
Texte co-écrit avec Danièle MIRAT comportementaliste dans Santé Pratique Animaux n°8 novembre 2003 p.6/7/8
et partiellement dans le GUIDE des ANIMAUX DE COMPAGNIE d'Isabelle GALLAY chez Vuibert 2006 (voir Lu dans la presse)
La vie de nos animaux familiers
est toujours trop courte.
Un chien selon sa taille peut vivre en moyenne 10 à 17 ans, un chat
16 à 18 ans. Le perdre peut être une épreuve douloureuse
et difficile à supporter.
A l'annonce de la mort de leur compagnon, nombre d'entre nous se demandent
comment désormais vivre sans lui?
Que l'animal très aimé qui a partagé nos joies et nos
peines arrive en fin de vie et s'éteigne doucement ou qu'il meurt brutalement
d'une maladie foudroyante empoisonné ou renversé par une voiture,
c'est toujours un immense chagrin et l'heure de pleurer à chaudes larmes.
Dans le premier cas les maîtres
ont pu se préparer à cette échéance. Ils savent
que la mort fait partie du cycle de la vie, et connaissent bien la trop courte
espérance de vie de leur compagnon.
Par contre si la mort est violente, inattendue, que l'animal est très
jeune, alors cette disparition est encore plus insupportable et éveille
une grande colère, voire le refus de croire à ce qui vient d'arriver.
Les morts qui nous semblent prématurées sont tout particulièrement
bouleversantes et la brutalité d'un décès accidentel
n'offre pas la préparation au deuil.
L'euthanasie
Pour un animal qui arrive en fin de vie ou dans
la dernière phase d'une maladie mortelle, qui souffre trop, se replie
sur lui, perd conscience, ne mange plus, les maîtres se posent la question
de l'euthanasie pour lui éviter la pire des agonies et couper court
à des douleurs insupportables.
Décider que la vie de notre compagnon doit s'arrêter là,
est une des résolutions les plus difficiles à prendre. Comment
déterminer le degré de souffrance de l'animal, à partir
duquel il ne sera pas charitable de le maintenir en vie, si ce n'est juste
pour différer notre douleur de le perdre.
Nous avons envie de dire à tous ceux qui sont ou seront un jour confrontés
à cette terrible échéance, qu'il s'agira de percevoir
avec le plus d'honnêteté possible le moment où la souffrance
et la détresse auront gagné sur le plaisir de vivre de l'animal.
Les pertes de l'appétit, des capacités motrices et de l'intérêt
pour l'entourage, l'incontinence massive, les plaintes et gémissements,
étant quelques-uns des signes évidents de cette détresse.
Avec l'avis de son vétérinaire et mis devant l'évidence,
on peut alors avec le praticien prendre la lourde décision de lui faire
administrer une injection pour " une mort douce".
Pour ceux qui le souhaitent et peuvent le supporter, il est recommandé
d'accompagner courageusement son animal jusqu'au bout. Certaines personnes
derrière cette épreuve, gardent ainsi le réconfort de
ne pas s'être détournées et d'avoir jusqu'au dernier instant
assisté dignement leur compagnon.
Un
cérémonial est nécessaire
Se pose alors une dernière question : que faire du corps de l'animal
?
Plusieurs solutions sont possibles :
· le laisser chez le vétérinaire.
· l'enterrer dans son jardin à la campagne (à
condition de respecter les réglementations : profondeur et chaux vive)
· prendre une place dans un cimetière animalier
· opter pour la crémation qui permet d'enterrer ou disperser
ses cendres dans un endroit aimé.
Chacun choisira selon sa sensibilité, mais un cérémonial
comme enterrer ou faire incinérer l'animal mort peut aider beaucoup
le travail du deuil.
Se renseigner d'avance et parler de ces dernières dispositions à
prendre, peut faciliter les choses le moment venu, quand on se trouve trop
écrasé de chagrin.
Le
deuil phénomène normal
| Est-il normal d'être déprimé après la perte de son animal ? Combien de temps cela dure t-il ? Les effets du deuil
et sa chronologie sont trop peu souvent évoqués. Notre
société d'aujourd'hui plutôt portée à
allonger la vie, préfère ne pas parler de la mort. |
![]() |
Pourtant, le deuil qui est à la fois état et conséquences
de la perte d'un être cher est un phénomène normal.
Il n'est pas fou d'avoir du chagrin à la perte de l'animal avec qui
on a parfois passé 15 ans d'une vie. C'est même notre dernière
expression d'amour pour lui et mieux vaut éviter en cette période
les personnes qui ne le comprendraient pas.
Il est au contraire réconfortant de pouvoir exprimer son chagrin auprès de sa famille ou d'amis qui peuvent le recevoir.
Celui qui peut parler, dire
son émotion et pleurer avec les siens est favorisé. Il est important
de ne pas se sentir critiqué dans sa douleur mais d'être compris
et respecté.
La meilleure aide pour un endeuillé vient de personnes proches aimant
elles aussi les animaux, patientes, indulgentes et sachant simplement
écouter sans rien vouloir empêcher de la douleur et des larmes
de l'autre.
Tout le monde ne réagit pas de la même manière, et certaines
personnes auront plus ou moins besoin de contacts ou d'intimité.
Le deuil se caractérise par l'humeur dépressive, la perte de l'intérêt pour le monde extérieur, la culpabilité, et peut conduire à une dépression grave. Mais attention à ne pas prendre toutes ces manifestations normales du deuil pour un état pathologique.
À la perte d'un animal très aimé, le chagrin est inéluctable et naturel. C'est l'absence d'affliction qui peut être anormale et doit être repérée par les proches. Le maître endeuillé peut aussi nier cette mort et faire comme si l'animal était encore là, or non-dit et refus de la mort différent ou bloquent le deuil.
Les différentes phases du deuil
Le déroulement normal du deuil passe successivement par différentes phases :
D'abord le choc : celui
qui reste, heurté, secoué dans toutes ses fibres, saisi d'une
lassitude écrasante est atteint jusque dans sa santé, perd
l'appétit, le sommeil. Émotionnellement perturbé,
tour à tour agité il crie sa peine, ou comme anesthésié,
silencieux, muré, il gémit livré à des affects
d'impuissance, de révolte, de colère, d'abandon, de honte parfois,
de culpabilité souvent.
Tel maître se sent coupable de n'avoir pas repéré plus
tôt les premiers signes de la maladie et n'avoir pas conduit son chien
ou son chat de suite chez le vétérinaire ; tel autre de n'avoir
pas prévu le danger qui guettait son compagnon. S'en prenant à
la terre entière " pourquoi est-ce mon chien qui est mort ? ",
d'autres enragent aussi de la négligence d'un tiers qui a mal refermé
le portail du jardin, contre le chauffard qui a renversé leur animal,
ou le maître de ce chien qui a brisé la colonne de son chat
Certains rendent responsable le vétérinaire de n'avoir pas fait
tout ce qui était en son pouvoir pour sauver leur animal.
Même celui qui a pu se préparer à son deuil, n'échappe
pas à cette phase qui peut être moins violente mais plus insidieuse,
et jeter parfois davantage dans la torpeur.
Puis vient l'état
dépressif : comme soudain coupé des autres, c'est la grande
solitude. L'endeuillé est seul à savoir ce que la perte de son
animal représente de douleur pour lui. Tout est sombre, chaque geste
du quotidien est laborieux, ce qui pourrait le divertir est rejeté,
il ne peut être distrait ni déchargé de sa tâche
de remémoration des souvenirs communs avec l'animal chéri. Sans
plus être très bien capables de s'occuper de lui-même,
il a besoin d'être protégé, consolé. Il faut ce
temps comme pour tourner à vide
pour accepter peu à peu
la réalité, la révolte, la blessure, l'état de
fragilité, le déséquilibre qu'a engendré la perte.
Des rêves surviennent, on voit le chien, le chat encore vivant, puis
il s'éloigne, s'estompe, s'efface
Enfin avec le temps grand
consolateur du deuil, la douleur s'adoucit même si elle se réveille
plus ou moins à des occasions anniversaires ou en croisant un autre
animal de même race
celui que l'on ne peut plus voir, sentir, caresser
va maintenant vivre à l'intérieur de nous. Sa photo nous accompagne,
on aime évoquer les bons moments passés en sa compagnie
on
sait qu'il n'est plus, mais il reste présent au fond de nous à
jamais. On accepte ce passé qui ne sera plus et l'avenir qui ne sera
pas avec l'être perdu.
Ce parcours achemine vers la finalisation du deuil, qui laisse enfin la possibilité
de reprendre goût à la vie.
Ces différentes phases ne sont normalement que passagères, et
c'est par contre si le maître s'enferme dans l'une d'elle qu'il ne peut
terminer son travail de deuil et sombrer dans la dépression.
Dire la vérité aux enfants
Peut-on parler de la mort aux
enfants, et comment ?
Pour comprendre et accepter, les enfants ont besoin de connaître la
vérité.
Selon leur âge, la nature et la force du lien qui les unissait à
leur compagnon, ils peuvent être plus ou moins troublés ou affectés
par sa perte.
La mort est perçue différemment selon les âges :
Des explications justes mais simples seront suffisantes pour les plus jeunes
jusqu'à environ 6 ans. Pour les petits le " plus jamais "
n'existe pas encore et il ne sera pas véritablement question de deuil
pour eux, mais d'expérience de séparation, de perte qu'il faut
veiller à ce qu'elle ne soit pas vécue dans la solitude. C'est
la toute chaude présence rassurante des parents qui leur permettra
de dépasser l'épreuve sans traumatisme.
Les plus grands poseront de nombreuses questions, inutile cependant d'entrer
dans des détails qui pourraient les choquer. Par contre, répondre
avec clarté aux interrogations fréquentes comme " est-ce
qu'il a mal, est-ce qu'il a froid ? " rassure et apaise le jeune.
Présenter franchement les faits douloureux ainsi que proposer à
l'enfant de voir l'animal mort s'il le souhaite, n'est pas choquant pour lui
comme beaucoup le croient habituellement. Cela le conduit au contraire à
l'acceptation de l'irréversible de cette perte.
De même que l'adulte, il sera aidé dans son travail de deuil
s'il peut ensuite fleurir la tombe de son animal, ou savoir où sont
ses cendres.
L'enfant qui perd son petit
compagnon adoré, voit sa souffrance majorée si les parents font
silence sur l'événement, et ne veulent pas lui laisser vivre
la réalité des choses.
Le sentiment de solitude et d'abandon qui pourrait en résulter, ne
ferait que le bloquer dans ce passage pourtant obligé par la souffrance,
qui lui permettrait de rompre progressivement les liens avec l'animal perdu.
L'enfant qui éprouve
de l'angoisse face à la mort, sera rassuré si vous lui dites
que toutes les maladies ou les blessures n'y mènent pas forcément.
Lui dire que l'on a volé son chat ou son chien ou bien qu'il est parti
ne le ferait que développer des scénarii faux et angoissants
du genre " il est parti parce que le l'ai disputé, est-ce qu'il
va revenir ? ". Il pourrait se sentir trahi le jour où inévitablement
il apprendra la vérité.
Parce que l'on ne peut jamais soustraire ses enfants aux épreuves de
la vie, il ne sert à rien de vouloir les abriter de la mort de leur
animal chéri. Cette tentative de se protéger soi-même
les empêche de grandir et de se préparer sainement à la
vie et aux pertes inévitables qui la jalonnent.
Il est donc capital que l'enfant puisse dire sa peine à ses parents, extérioriser ses émotions et se sentir accompagné dans son chagrin. Il peut le faire d'autant mieux que les adultes eux-mêmes ne dissimulent pas leur propre peine en lui montrant ainsi qu'il est normal de l'exprimer.
Ne pas négliger les autres animaux
Et les autres animaux de la
maison ?
Plusieurs animaux qui cohabitent, tissent entre eux des liens d'attachement.
Lorsque l'un d'eux décède, l'autre le cherche et ressent un
vide. Il perçoit aussi la détresse de son maître qui le
délaisse un peu. Dans son chagrin, il ne faut pas oublier celui
qui reste et s'efforcer de lui consacrer du temps et lui garder ses habitudes.
Faute d'attention, certains petits compagnons de longue date dépriment,
ou même se laisse mourir à la suite de la disparition de leur
" copain ".
Sans ce nécessaire
travail naturel du deuil, aucune relation nouvelle avec un autre ne pourra
se nouer sainement.
Se précipiter de manière prématurée pour reprendre
un compagnon fait partie de ces vaines tentatives d'échapper à
l'incontournable souffrance du deuil qui ne manquera pas de ressurgir un jour
dans un moment et des circonstances inattendus.
C'est également exposer douloureusement " l'animal de remplacement
" à des comparaisons sûrement pas toujours à son
avantage par rapport au mort idéalisé.
Ce malheureux " remplaçant
" risque fort d'en souffrir, toujours perdant dans cette sorte de compétition
inégale. Nié dans ses qualités propres et sa singularité,
le nouveau chien ou chat souvent choisi de même race et de même
couleur, n'étant là que pour masquer la perte du précédent.
" Jamais ce chien ne pourra dominer, se soumettre, se hiérarchiser,
s'enfuir ou se cacher, éprouver un code clair de comportement avec
ce maître-là, parce qu'il est à la fois appelé
et chassé, attendri et angoissé. " " Il ne pourra
participer à aucun rituel d'interaction cohérent, puisque dans
l'esprit de son maître " il a été mis là pour
" évoquer le disparu et souffrir de la comparaison. " Boris
CYRULNIK [1] y expose très bien le drame du " chien de remplacement
" toujours victime de troubles du comportement.
Tout animal chéri disparu est irremplaçable. Celui qui lui succédera pour continuer avec vous un bout du chemin de la vie se montrera capable de vous apporter aussi du bonheur, si après votre deuil, vous savez l'accueillir pour lui-même.
F.GAUDRON et D.MIRAT
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1. Boris CYRULNIK l'ensorcellement du monde, éd. O. Jacob pages 132 à 141
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Que
faut-il penser de |
Texte paru dans le GUIDE des ANIMAUX DE COMPAGNIE d'Isabelle GALLAY chez Vuibert 2006 (voir Lu dans la presse)
A mes débuts de comportementaliste, le propriétaire d'une chatte européenne de 16 ans qui venait d'être euthanasiée à la suite d'un cancer, m'a posé la question suivante " j'aimerais faire naturaliser ma Titoune, qu'en pensez-vous ? "
J'ai posé cette question à un taxidermiste, qui m'a mise en garde : " Sachez que je ne pourrai pas redonner un aspect de jeunesse à votre animal. Il aura son apparence actuelle. Ceci étant, vous le verrez tous les jours vieux et malade, ce qui effacera les souvenirs agréables de sa jeunesse. J'ai encore, sur une étagère un chien naturalisé que ses maîtres ne sont jamais venus rechercher. "
D'un point de vue matériel
il faut savoir que :
......- le processus de naturalisation est très
long (quatre mois environ) car de nombreuses étapes sont nécessaires. Le taxidermiste
dépouille l'animal puis tanne et traite la peau. Ensuite il reconstitue l'animal
avec la peau qu'il remplit généralement de paille, de mousse ou de polystyrène
puis les yeux sont remplacés par des billes de cristal. La finition permet
de donner une expression proche de la réalité. Le maître impatient de récupérer
son animal est déçu et sa douleur est réactivée. Bien que le professionnel
ait exécuté un excellent travail d'après photo, le résultat n'est forcément
pas celui escompté. Peut-on vraiment retrouver dans cette " peluche " inerte,
le chien, le chat bien vivant ?
...... - l'entretien d'un animal empaillé va
nécessiter son dépoussiérage régulier au moyen de l'aspirateur (à moins de
le placer sous un globe !). Peut-on vraiment apparenter ce geste à la caresse
réservée autrefois à l'animal vivant ? Avec le temps la dégradation de la
fourrure et sa décoloration à la lumière seront inévitables. Est-ce là l'animal
tant apprécié de son vivant ?
La naturalisation va donc fixer définitivement un moment pénible durant lequel le maître a lui aussi souffert de voir son animal accidenté, malade et affaibli. L'animal familier naturalisé sera figé dans l'expression de sa maladie et de sa fin de vie ainsi que dans une posture immuable.
...... Le naturaliser c'est bloquer chez le maître, le processus de deuil indispensable pour accepter la mort et pouvoir revivre par la pensée les bons moments en compagnie de son animal familier.
...... Le naturaliser c'est aussi vivre dans un état morbide constant avec un animal que le maître a beaucoup aimé de son vivant. Le garder sans vie près de soi n'est-ce pas prolonger sa mort ?
En conclusion, je proscris formellement la naturalisation d'un animal familier avec lequel le maître a lié une relation harmonieuse d'affection ; la naturalisation n'est pas à mettre en parallèle avec l'embaumement des animaux déifiés par les pharaons égyptiens pour une vie éternelle.
Françoise GAUDRON comportementaliste
Les troubles
de comportement |
| Tous droits réservés,
textes et photos copyright © Harmonie Maître Animal 2001
|

Comportements indésirables
chez nos chats et chiens:
agressivités diverses, malpropreté, destructions,
aboiements intempestifs, peurs incontrôlables, fugues ...sont les
plus courants.
Pourquoi et comment apparaissent-ils ?
I. Avant toute chose il est nécessaire que votre vétérinaire ausculte votre animal afin de déceler éventuellement toute cause organique qui aurait pu provoquer ce comportement. En effet, la douleur, une atteinte organique, une maladie ou une tumeur ( cas extrême ) peuvent engendrer une réaction inhabituelle chez votre animal.
II. Ensuite seulement, le comportementaliste fera des investigations pour comprendre l' origine du comportement indésirable.
1. Dans la petite enfance du chiot, du chaton les conditions de son élevage sont primordiales pour son devenir et sa future personnalité. ( voir le chiot, le chaton )
Les
élevages en batterie et les animaleries sont à proscrire

2. Chez le maître :a. Les attentes non raisonnables du maître par rapport à ce que son animal peut lui donner.
b. Le choix inadapté d' une race et du tempérament d' un chiot ou d' un chaton peut provoquer une incompatibilité entre le maître et l' animal.
c. L' environnement de l' animal peut-être générateur de stress
- ses conditions de vie
- changement dans les habitudes, les personnes présentes, etc…( le chat est très sensible aux changements dans son entourage et son lieu de vie )d. L' éducation :
- Manque de cohérence ( une fois oui, une fois non )
- Ambiguïté des ordres (ton inapproprié)
- Principes d' éducation qui ne respectent pas les besoins de l' animal.
- Éducation qui va à l' encontre des apprentissages de la petite enfance de l' animal. ( Par exemple l' inhibition de la morsure et apprentissage du " mordant " et autres.)
- Aucune éducation.
- Éducation trop rigideA proscrire formellement
e. La compréhension mutuelle : langage du maître et langage animalier
- Deux ou trois espèces différentes cohabitent ( humaine, féline, canine ) sans toujours comprendre les codes de communication spécifiques de chacun. Les interprétations de chacun peuvent-être très différentes.
- Méconnaissance des lois qui régissent les meutes de chiens ou les sociétés de chats.
g. L' attitude inconsciente du maître dans :
- ses réactions face à un comportement
- ses interactions avec l' animal ou les animaux etc.
-------------------------------------------------------------------------------------
L'
anthropomorphisme : tendance à attribuer
aux animaux...des caractères propres à l' homme et
l'anthropocentrisme : conception et attitude qui rapportent
toute chose de l' univers à l' homme - Dictionnaire Larousse -
--------------------------------------------------------------------------------------
L'
agressivité |
Les propriétaires de chiens, de chats sont très nombreux à faire appel au Comportementaliste, pour des problèmes d' agressivité.
I - L' agressivité
?
L' agressivité, un
mal nécessaire dit Konrad LORENZ : (L' agression
une histoire naturelle du mal -Paris, Flammarion 1969 )...l'
agression des membres de son espèce est une conduite instinctive,
utile à l' espèce pour sa dispersion dans des territoires
qu 'ils défendent.
Il n'y a pas de dominance sans agressivité. L' agressivité
est un facteur social. (CHAUVIN Rémy Sociétés
animales et humaines, Paris, P.U.F Q.S.J? n°696, 1984)
Elle est la disposition d' un individu ou d' une espèce pour une
conduite agressive. Tendance à attaquer, à rechercher la lutte,
à commettre une agression, tendance à dominer l' interlocuteur
ou le congénère. Elle est l' instinct de vie, elle permet
de survivre aux attaques extérieures.
Pour
les canidés l' utilisation
des crocs est tout à fait normale. C' est un moyen de communication
avec les congénères.
Les félidés utilisent
plus facilement les griffes.:
Ces deux espèces utilisent
leurs crocs :
1.
Contre autrui pour :
se défendre contre tout agresseur ou attaquer tout individu ou espèce
représentant un danger
= agression défensive par peur ou autodéfense.
|
saut de prédation |
![]() |
Attaquer une proie , la mettre à mort pour la manger
= agression de prédation.
2. Contre eux-mêmes :
c' est l'automutilation.
Chez nos chiens et leurs ancêtres les loups, ( cf. chien- origines ) le "chef de meute" ( dit sujet alpha ) peut donner des coups de crocs pour :
-
défendre son territoire contre les intrus. ( Par exemple
congénères ne faisant pas partie de la meute )
C' est en effet dans le territoire qu' il chasse ses proies, qu' il les
enterre pour l' hiver, qu' il trouve un nid pour sa progéniture
= agression territoriale
- défendre ses petits contre tout prédateur,
surtout la femelle dominante = agression
par instinct maternel.
- Faire régner
l' ordre dans sa meute. Il peut mordre un sujet qui cherche à
le supplanter, qui ne veut pas se
soumettre, qui ne respecte pas la hiérarchie ( nourriture, meute,
place pour dormir ) ou qui perturbe les relations entre les membres
de la meute.=
agression hiérarchique.
- défendre sa louve dominante, interdire la reproduction
aux autres membres de la meute, chasser les rivaux ( ou rivales
pour la femelle) = agression par
instinct sexuel, entre mâles ou entre femelles.
Chez le chat nous retrouvons à
peu près les mêmes causes d' agression ( hiérarchie,
organisation de la colonie, territoire de vie, protection des petits ...)
Vers la cinquième semaine, les petits apprennent l' inhibition sociale de la morsure ( ou rétraction des griffes ). Pour la survie des individus de la meute de canidés ou la colonie de chats, ils doivent apprendre à contrôler la pression de leurs mâchoires. ( Cf. chiot-chaton ). Ils apprennent aussi à ne pas agresser les bébés, et pour les mâles ne pas agresser les femelles.
Mordre, est une réaction
naturelle face une situation donnée faisant partie des codes de communication
de nos animaux ou une réaction de défense et de protection
pour leur survie.
Lorsqu'
un chien, un chat a mordu, il est nécessaire de se poser plusieurs
questions :
a) qui a-t-il mordu ?
b) dans quelle circonstance s' est produite la morsure ? dans quel lieu
?
c) quelle partie du corps a-t-il pincée ou mordue ?
d) la morsure était-elle brève ? appuyée ? la première
? fréquence ...
e) quelle a été la réaction de la personne mordue ?
etc...
f) pourquoi a-t-il mordu ?
autant de questions que le comportementaliste vous posera à l' issue
de cet incident.
II - Les 3 phases de l' agression chez le chien.
La menace : intimidation qui est destinée à dissuader le congénère ou le faire fuir. Il découvre ses crocs en remontant ses babines. Poils hérissés. Parfois il grogne.
L' agression ou passage à l' acte : elle n' intervient que si le belligérant n' obtempère pas, ne fuit pas ou ne se soumet pas. Selon le rang hiérarchique de l' attaquant, la morsure est brève ou appuyée.
L' apaisement : le "mordu" est léché ou mordillé, ou bien le dominant "mordu" pose sa patte sur lui pour confirmer l' arrêt du combat et sa dominance.
III - Ce qui peut générer
une réaction d' agressivité:
En 1969 un éthologiste américain K.E MOYER - International Impulses to aggression - a établi une classification des agressions canines. (Similitudes pour les chats)
Les
motivations qui poussent nos animaux à mordre un congénère
ou un humain sont très nombreuses par exemple :
- ses prédispositions et celles de ses géniteurs,
- ses conditions de vie dans l' élevage,
- la douleur engendrée par la maladie ou la maltraitance,
- les relations que le maître nouent avec lui ( éducation
ou l' absence d' éducation, incohérence l' attitude du maître,
les apprentissages conditionnés etc.) les mauvaises expériences,
les réactions du maître face à ce comportement, en l'
occurrence la morsure, qui peut l' instrumentaliser*,
- la peur ou l' anxiété, les privations
sont à ajouter aux réponses normales dans une meute ( rivalité
hiérarchique, défense du territoire etc. ou pour tout individu
capture de proies, défense si sa vie ou celle de ses petits est en
danger, protection de sa nourriture etc. )
* La morsure
devient la seule réponse, le seul moyen de communication, il ne menace
plus mais passe directement à la phase 2 pour obtenir du maître
ce qu' il veut ou faire arrêter la contrainte.
IV - Changer un comportement agressif.
1. si le maître est motivé et apte à changer son comportement et à le maintenir.
2. si le comportement est récent ( plus il est installé, plus la thérapie comportementale est longue )3. si le chien est encore jeune ( bien que j' ai vu des animaux de 5/6 ans, changer de comportement avec celui de leurs maîtres )
Si le maître sait interpréter chez son animal familier, les signes avant-coureurs d' une attaque, il évite bien des désagréments.
Mais attention l' habit
ne fait pas le moine.
"La distinction fondée sur l' apparence physique et la
réputation ne reflète pas toujours la réalité des comportements:
certains labradors mâles ou bouviers bernois sont très dominants
et têtus et certains dobermann, trop nonchalants et peureux
pour garder", reprend Françoise Gaudron.
Elle se souvient aussi avoir vu en consultation des golden
qui étaient de véritables terreurs. Une éducation adéquate
À l' intérieur d' une même race, les différences individuelles
peuvent être importantes. Sans compter l' influence de l'
éleveur qui va plus ou moins bien socialiser et stimuler
ses chiots et l' éducation donnée par le maître. "On
peut rendre méchant n' importe quel individu dominant dans
une race réputée gentille, comme le labrador par exemple.
Vous lui mettez un collier à pointes et faites de l' éducation
à outrance. La douleur déclenchera de l' agressivité
chez le dominant, qui ensuite attaquera par réflexe ", estime
la comportementaliste.
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