Comportementaliste, technicienne des relations homme- animal, médiatrice entre l'animal et la famille, spécialisée -chiens et chats. Comportements indésirables; conseils pour bien choisir son animal familier, devenir un bon maître, le comprendre ou rétablir une relation harmonieuse avec chien ou chat agressif, malpropre, destructeur, angoissé. Conseils.

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Quelques informations : Formations, associations, adresses
 

 

 

 

 

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Qu'est ce qu'un comportementaliste ?

 

Il est avant tout un technicien des relations homme animal.

Il joue le rôle de médiateur entre l'animal et la famille, chacun appartenant à une espèce différente avec des codes de communication et des besoins spécifiques.

Grâce à ses connaissances en éthologie, psychologie, techniques d'entretien et autres, il est conseiller et formateur.


 

Historique :

 

Ce métier est issu de l'école de psychologie américaine (THORNDIKE) - à l'origine de l'étude du psychisme chez les animaux, et de l'éthologie.

E. et I. Geoffroy SAINT-HILAIRE, LOEB, DARWIN, HEINROTH
et bien d'autres en sont les précurseurs.
LORENZ (père de l'éthologie moderne), Von FRISCH et TINBERGEN reçoivent en 1973, le prix Nobel de médecine pour leurs recherches sur le comportement animal (l'inné et l'acquis).

L'ÉTHOLOGIE est la science des mœurs. Elle étudie les comportements spontanés des animaux dans leur milieu naturel. C'est une branche de la psychologie animale (Dictionnaire de Psychologie N.SILLAMY ) .

Cette méthode d'observation est utilisée aussi de nos jours en Psychologie de l'enfant, Psychologie sociale et comparée.
Cf. les ouvrages des éthologistes contemporains : H. MONTAGNER, B. CYRULNIK et R. CHAUVIN.

Ces courants de pensée ainsi que les apports psychanalytiques de FREUD ont permis de comprendre les rapports complexes qui se mettent en place entre l'homme et son animal de compagnie.

Ce métier nous arrive d'Angleterre et des États-Unis où les propriétaires d'animaux font fréquemment appel au comportementaliste.

Le métier de comportementaliste a été introduit en France dans les années 80.

De nos jours il est encore peu connu, mais de plus en plus les propriétaires d'animaux familiers sont intéressés par ce genre d'approche.

 

 



Mon rôle de comportementaliste

 

Maïs Blond de la Tour Saint Genin
(Photos © F. GAUDRON)
Virus du Clos Guillaume et
Big Mama de la Combe d'Orvaz

 

J'ai un rôle de prévention, de formation et de conseil auprès :

a. des éleveurs :

Je propose, sous forme d'informations avec diaporama, des conseils d'élevage pour le développement comportemental du chiot, son bien-être, sa socialisation, l'âge de son départ de l'élevage, etc.

b. des collectivités :

Écoles, communes, quartiers, associations ( SPA, SDA, autres).

c. des propriétaires d'animaux de compagnie :
Je donne des conseils pour
- le choix de l'espèce, de la race, du sexe de l'animal de compagnie qui vous conviendra le mieux.

- le type d'élevage où choisir un chiot, un chaton.

- l'âge auquel il est préférable d'acquérir un petit animal de compagnie.

- je donne aussi des conseils pour une bonne compréhension du chien, du chat, ainsi que les éléments nécessaires pour établir une relation satisfaisante.
J'interviens au niveau des interactions homme animal ( chiens ou chats ...)
Je me rends au domicile du maître afin d'écouter les problèmes rencontrés (Bourgogne, Franche-Comté et départements limitrophes)
- Comportements indésirables, gênants ou inadaptés : malpropreté, aboiements intempestifs, destructions, agressions, peurs.

- Attentes du maître non satisfaites.
Cet entretien ( 1h30 à 2 heures ) se déroule en présence de toutes les personnes qui sont en contact avec l'animal de compagnie.

Dans la mesure où le vétérinaire n'a pas diagnostiqué de pathologie organique,

j'effectue un bilan comportemental

j'explique les causes du comportement qui dérange,

les besoins spécifiques de l'animal, son mode de communication,

et je mets en place la thérapie comportementale adéquate.



La place de l'animal dans la famille est un élément déterminant pour l'analyse des comportements inadaptés ou indésirables.

Big Mama de la Combe d'Orvaz (Photo © F. GAUDRON)

L'adhésion du maître et de la famille à cette thérapie est primordiale car ils sont les éléments dynamiques du changement de comportement de l'animal

Une thérapie comportementale peut-être courte ou longue selon la nature des comportements indésirables et l'implication des maîtres.
Elle nécessitera de deux à plusieurs entretiens.

 

Voir plus bas : articles sur et par des comportementalistes Articles de presse

 


Voir aussi l'article de A Tout Chien dans Articles- dans la Presse

voir aussi dans le livre : Animaux de compagnie : droits et responsabilités du propriétaire. Isabelle GALLAY Guid'Utile Vuibert p. 152 à 157

 


Mes réponses aux questions posées dans les courriels d'internautes, sont très générales et ne peuvent-être que des suggestions car il me manque bien évidemment des éléments importants. Éléments que je fais préciser au cours d'un long entretien et qui permettent de donner les conseils adaptés à chaque cas qui est unique.

 

Il n'y a pas de "recette" applicable à tous les comportements de même type, les réactions des maîtres et des animaux étant toujours à prendre en compte.

Le sérieux de l'intervention du comportementaliste exclut les réponses de type " courrier des lecteurs ".
Ceci explique qu'aucun entretien ne peut-être mené par e.mail.

 


 

Qu'elle est la différence entre :
un comportementaliste animalier, un dresseur , un éducateur
pour chiens, et un vétérinaire ?

 

Le dresseur apprend à l'animal, par conditionnement, à rendre service à l'homme ( chiens de guide de personne handicapée motrice ou visuelle - de détection de drogue ou d'explosif; animaux dressés pour la chasse, la recherche de truffes, la garde ou conduite de troupeaux, le cinéma, les secours en montagne (avalanches), en mer ou lac, recherches en décombres, etc... Le dresseur forme les chiens à un métier animalier, pour la gendarmerie, l'armée ou la police, la surveillance et la sécurité...
L'éducateur pour chiens enseigne aux maîtres les bons gestes et les attitudes à tenir avec leur chien afin de bien le contrôler dans la vie quotidienne..Il leur apprend, par conditionnement, les bases de l'obéissance ( marche en laisse, assis, couché, rappel, pas bouger, etc. ) - voir à propos de -.
Dresseur et éducateur conditionnent les animaux pour un apprentissage spécifique dans le but d'une bonne cohabitation avec l'homme.

Le vétérinaire docteur en médecine vétérinaire, ausculte l'animal, le soigne, l'opère, le vaccine ou lui prescrit des médicaments s'il a diagnostiqué une pathologie organique ;

Le vétérinaire comportementaliste a suivi une spécialisation en comportement animal. (éthologie clinique et chimiothérapie).
En plus des thérapies comportementales il utilise les médicaments adaptés.

 

Chacun de ces intervenants : dresseur, éducateur, vétérinaire, vétérinaire comportementaliste, comportementaliste, sont très complémentaires.

Chacun dans son domaine spécifique intervient pour apporter une aide aux propriétaires d'animaux familiers.

 

 

Les formations de comportementaliste:

 

Suivre une filière universitaire en psychologie ou biologie.
puis DESS ou DEA en Ethologie. cf.informations

ou bien :

 

Les formations différentes, en écoles privées, demandent du temps car elles s'étalent sur une à deux années. Il faut prévoir aussi des heures, des week-end pour :

- l'apprentissage des cours

- les recherches personnelles

- les regroupements

- le mémoire de fin de formation ( environ 150 pages sur un thème choisi par l'étudiant et approuvé par les directeurs de formation ) Il est soutenu devant un jury.
Ces formations sont payantes car dispensées par des écoles privées.
Le niveau baccalauréat + 3 est conseillé : orientation en psychologie , biologie , médecine vétérinaire.

Qualification : formations qui ne délivrent pas de diplôme à ce jour , mais seulement une qualification.

 

L'enseignement se compose de :
 

- Psychologie - Psychologie comparée - Connaissances en zoologie et biologie (morphologie, maladies etc. )

- Éthologie : éthogramme des chiens et des chats : comportement et développement.
Vie sociale : hiérarchie, communication etc..
- Les perturbations de la relation homme/animal :Comportements indésirables :agressivité, peur, malpropreté, destructions, fugues etc...
- Les thérapies comportementales.

- Les techniques d'entretien.

- Le comportementaliste : installation, rôle et fonction ...etc...

Chaque école ayant ses spécificités, il est conseillé de demander les plaquettes descriptives de chacune, afin de choisir celle qui convient le mieux.

 

Quelques informations :

 

 

Formations des comportementalistes ( cliquez sur le lien : adresses dans la fenêtre )

Associations des comportementalistes ( cliquez sur le lien : adresses dans la fenêtre )

 

 

 

 

Articles dans les revues

 

A TOUT CHIEN Hors série n° 52 octobre 2002, p.162 à 164 Le comportementaliste : Rencontre avec cinq comportementalistes...

Qu'est-ce qu'un comportementaliste ?

Françoise GAUDRON Région Bourgogne

Le comportementaliste est un spécialiste de l’étude des interactions homme/chien familier ( ou homme/chat ), de la relation qui les unit et des perturbations de cette relation. C’est avant tout un conseiller, au service des familles propriétaires de chien désemparées devant les comportements gênants, troublants ou inquiétants de leur animal. Interprète des difficultés de chacun dans la relation homme et animal, il est le médiateur entre les deux espèces pour aider à une meilleure compréhension mutuelle.

Le comportementaliste s’intéresse chez le chien ( ou chez le chat ), aux comportements inhabituels, inquiétants, jugés indésirables, qui ne relèvent pas d’une lésion organique. Pour rompre les processus des comportements gênants ou inquiétants du chien, le comportementaliste cherche les raisons et origines profondes du «  pourquoi l’animal agit-il ainsi  » afin d’en percevoir le sens ; ceci pour éclairer ensuite ses maîtres, sur les moyens de parvenir à obtenir de celui-ci, des réponses comportementales et attitudes plus satisfaisantes pour tous.

 

Quelle est la différence entre comportementaliste, vétérinaire, et dresseur/éducateur ?
Danièle MIRAT Région Ile de France
Le vétérinaire de
ville est chargé de la surveillance, du suivi médical, des vaccinations, des animaux de compagnie (chats, chiens, rongeurs, oiseaux, etc.); en milieu rural, il dispense les mêmes soins aux animaux d'élevage. Avec sa connaissance des pathologies animales et leurs traitements, il est seul compétent pour diagnostiquer une maladie, et la traiter s’il y a lieu. Le vétérinaire, peut aussi être comportementaliste, s'il a complété sa formation vétérinaire, par une formation en éthologie (science rappelons-le qui a pour objet l’étude du comportement)

Le dresseur/ l'éducateur pour chiens s’attachent à rendre un chien performant dans l’exécution d’une mission au service de l’homme (chiens d’avalanches

de détection de drogue ou d'explosif, de guide de personne handicapée etc.), encherchant à obtenir par le conditionnement de l’animal des réponses ponctuelles de celui-ci, à des situations précises. Ils aident aussi les propriétaires de chien à obtenir le bon contrôle de leur animal dans la vie quotidienne ( marche en laisse en ville, « assis », « couché », « pas bouger », rappel efficace en promenade, etc. ) là aussi en utilisant les méthodes du conditionnement.

La tâche du comportementaliste est de faire comprendre que des altérations comportementales chez un chien qui ne souffre d'aucune pathologie, ne sont le plus souvent que des dysfonctionnements de la communication et de la relation au sein de la famille, générés par maladresse, méconnaissance, incompréhensions mutuelles. ation au sein de la famille , générés par maladresse, méconnaissance, incompréhension mutuelle.

 

A qui s'adresse le comportementaliste?

Kjersti FANALS, Région Rhône-Alpes

Il est un conseiller pour les personnes disposées à acheter un chiot ou un chien : le bon âge d’achat d’un chiot, en fonction de ses conditions et milieu de vie depuis sa naissance, les précautions dans les cas d’adoption d’un animal adulte dans un refuge; mais aussi le choix et la taille d’un chien liés à la personnalité et au mode de vie de l’acquéreur : personne âgée ou sportive, célibataire ou couple avec ou sans enfant. Il a également un rôle de conseiller, auprès des nouveaux propriétaires, afin d’attirer leur attention sur le fait qu’ils vont devoir vivre avec un être vivant et sensible d’une espèce différente de la leur, et leur apprendre à le comprendre et à s’en faire comprendre.

Il peut contribuer à la réduction de l’insécurité, en informant ou formant les personnels communaux ou municipaux souvent désarmés face aux délinquants accompagnés d'un chien. Il peut aussi conduire, pour les communes ou groupement de communes, des actions de sensibilisation des propriétaires de chiens, en leur indiquant comment mieux contrôler l’animal dont ils sont civilement et pénalement responsables, dans les domaines de la pollution, des nuisances sonores, des accidents liés au chien.

 

De quels moyens dispose-t-il pour aider les propriétaires ?
Laurence BRUDER Région Alsace

Personne ne peut s’improviser comportementaliste, pas même un vétérinaire, ou un dresseur/éducateur pour chiens,
à
moins qu’ils n’aient suivi une formation en éthologie et en psychologie.

Pour aider les propriétaires de chien en difficulté avec leur animal, le comportementaliste s’appuie en effet d’abord, sur ses connaissances acquises :
En éthologie, avec le comportement social normal du chien et les principales causes de perturbations de ce comportement. ; Mais également ses connaissances:

En thérapie comportementale.
En psychologie appliquée avec tout particulièrement une vue systémique des relations homme/chien.
En communication verbale, para verbale, non verbale.
En sémantique de base.
En technique de l’entretien semi directif.


Les propriétaires sont-ils encore réticents à votre avis à vous consulter ?

Le public connaît mal notre profession, plus qu’il n’y est réticent. Il suffit qu’il sache que nous existons auprès des autres professionnels du monde du chien, et en quoi nous nous en distinguons. Alors, mieux averti de l’aide dont il a besoin, un plus large public saura mieux se diriger vers ces différents intervenants. Il reste que pour certaines personnes, entrevoir de près ou de loin de changer certaines habitudes, modifier leurs propres comportements, revoir leurs certitudes, reconsidérer leurs attentes, peut représenter une remise en question d’eux-mêmes difficile à supporter. Ces personnes là, préfèreront sûrement ignorer, critiquer voire discréditer notre manière d’aborder les problèmes de comportements de l’animal.

Quels sont les types de demandes ?
Les demandes sont très variées par la méconnaissance que le public a du domaine d’intervention du comportementaliste. Il arrive que l’on nous demande de dresser/éduquer tel animal parce qu’il mord tout le monde ou tel autre qui a peur des autres chiens ; nous devons expliquer là, que ce ne sont pas des méthodes de contraintes, qui adouciront les ardeurs du mordeur ou feront du peureux un gai luron avec ses congénères. Mais en règle générale, les demandes d’aide les plus courantes concernent des chiens aux conduites agressives envers les humains ou les autres chiens ; ou destructeurs ou aboyeurs en l’absence des maîtres ; ou craintifs, peureux, de l’humain, des congénères, ou de tout à la maison ou dans la rue ; malpropres soudain ou ponctuellement ; fugueurs.

"Les maîtres doivent impérativement s'impliquer"

 
Qu’est-ce qui est possible de faire ou de ne pas faire ?
Armel BORTLE, Région Côte d'Azur
Tous les cas sont-ils "rattrapables" ? S’il n’est pas réaliste de prétendre à la résolution de tous les problèmes de comportement rencontrés, rares sont les situations où il n’est pas possible d’apporter ne serait-ce qu’une petite amélioration.
Les réussites ou les échecs sont en grande partie dus à la plus ou moins grande implication des maîtres dans les changements qui leur sont demandés dans leur relation à leur animal.
Réussite éclatante : l’animal a changé du tout au tout, ou réussite mitigée : la situation s’améliore par à coups, ou bien alors enlisement et échec, ne sont pas les résultats du seul engagement du comportementaliste.
Le comportementaliste ne peut pas faire à la place des maîtres, quand par exemple ceux-ci, persistent maladroitement à mettre leur chien à une place hiérarchique peu claire, qui continue d’induire chez l’animal des comportements de domination. Parfois, il est aussi bien difficile d’aider, quand il nous paraît évident, que le chien dont le comportement est gênant et indésirable avec ces maîtres là, serait à coup sûr bien plus paisible dans un autre environnement familial et affectif.
Il arrive qu’il y ait des situations de dangerosité telle, avec par exemple un chien menaçant dans une famille avec de très jeunes enfants, où il est prudent de conseiller de donner l’animal à quelqu’un d’autre.
Les altérations du comportement les plus difficiles à réduire sont sans nul doute, celles de l’animal mal socialisé durant les 8 premières semaines de sa vie (syndrome de privation sensorielle du jeune âge), ou même pire celles de celui qui a été instrumentalisé, c'est-à-dire très tôt isolé et conditionné à l’attaque. Ce dernier, malheureusement, est difficilement resocialisable, pour le précédent quelques améliorations sont obtenues avec beaucoup de patiente et de persévérance dans le travail.

 

A retenir:

Le comportementaliste conseille toujours avant tout entretien, de consulter le vétérinaire traitant de l’animal, afin de s’assurer qu’aucune pathologie ne vient provoquer ou se superposer aux troubles du comportement de l’animal.

Des comportementalistes choisissent de recevoir chez eux, les personnes qui cherchent de l’aide, avec ou sans leur chien, d’autres proposent de se rendre au domicile des personnes en difficulté avec leur animal, préférant prendre sur place, la mesure des problèmes rencontrés.

 

A TOUT CHIEN Hors série n°54 Spécial chiens de compagnie avril 2003 p.70 à p.72
Chacun cherche son chien. Les comportementalistes
Psycho : Comportementalistes : Ils ont les solutions

Tout ce qui est petit est gentil, tout ce qui est gros est méchant. Forcément !
C'est bien ce qui se dit, à tort, au sujet de nos chiens, qu'ils soient de types molosse, dogue, bull, etc.
Il est effectivement question de taille et de poids, mais cela n'a pas de rapport avec le caractère.

Il existe des petits chiens bien teigneux ! Reste qu'avec les sujets plus imposants, les conséquences en cas de problème sont plus lourdes,
Il est donc essentiel de poursuivre la socialisation et de prodiguer une éducation précoce, basée sur la fermeté et la justesse. Si l'on est peu sûr de soi ou si l'on n'a pas su éviter les difficultés, il est possible de faire appel à un comportementaliste, spécialiste de la relation homme/chien.
En voici douze qui, répartis à travers la France, reviennent sur les idées reçues, nous conseillent et nous font part d'expériences
sur le terrain ... leur quotidien en somme.

 



Françoise GAUDRON (région Bourgogne):
" Presque tous les problèmes de comportement sont rattrapables. "

Les problèmes sont rattrapables dans leur majorité, en tout cas améliorables, avec patience et opiniâtreté. Souvent nous constatons un changement radical, mais parfois les progrès sont inégaux, en dents de scie. Ces différences sont dues aux maîtres, qui sont les éléments dynamiques du changement de comportement de l'animal. Pour parvenir à une relation harmonieuse, implication et constance des maîtres sont nécessaires. Les cas les plus difficiles à régler, pour lesquels on obtient parfois de minimes améliorations, sont ceux :
- du chien adulte dont le maître a instrumentalisé l'agressivité par un apprentissage maladroit au mordant ou en encourageant inconsciemment le comportement agressif de son compagnon ;
- du chiot non socialisé et privé de stimulations diversifiées durant ses douze premières semaines de vie : Il souffre du syndrome de privation, qui engendre une grande anxiété.

 

Jacqueline AMIGUES (région Centre):
" Il y a des choses à faire et à ne pas faire."
À faire : Imposer les règles de vie dès l'arrivée du chiot/chien(un lieu pour dormir, ni chambre, ni lieu de passage, donner à manger après les maîtres pour renforcer la hiérarchie).
Établir des relations de gentillesse mais de fermeté.
Sorties quotidiennes permettant la socialisation à la ville et les rencontres avec les congénères dès le plus jeune âge, afin de maîtriser son comportement.
Rester longtemps ferme et constant avec les sujets des races à maturité tardive.
Réprimer tout mordillement.

À ne pas faire : Prendre le chiot dans les bras, il pèsera peut-être 70 kg et gardera ce désir en sautant.
Le laisser prendre l'initiative des caresses, jeu, etc. (restez vous-même le décideur).
Des exercices trop violents pendant la croissance.
Laisser les nonchalants trop se prélasser (ne pas hésiter à les stimuler).
Laisser s'installer un hyperattachement.
Lui imposer la solitude trop longtemps.
 

 

Laurence BRUDER (région Alsace):
" A son arrivée, il faut respecter quelques règles. "

En arrivant chez vous avec votre chiot, installez-le dans l'espace que vous aurez prévu pour lui.
Il a quitté son ancienne vie, sa mère, sa fratrie ses habitudes.
Il est soudain propulsé dans un monde qu'il ne connaît pas c'est angoissant.
Laissez-le découvrir son nouvel environnement à sa guise, sans le forcer ou le maintenir bloqué
Évitez de le prendre dans les bras, de l'obliger à entrer dans certaines pièces ou de monter des escaliers.
Ne conviez pas tout de suite famille et amis, afin de limiter bruit et agitation (modérez les enfants qui sont si curieux de la " petite boule de poils ").
Laissez-lui quelques jours pour qu'il s'habitue à sa nouvelle vie, respectez son rythme tout en imposant, dans le calme et en douceur les règles en vigueur chez vous. Car dès le désarroi passé, ne vous laissez pas attendrir par le petit molosse; ne permettez pas ce qui sera interdit quelques semaines plus tard.
P.70

 

Kjersti FANALS (région Rhône-Alpes)
" Peut-on parler de taux de réussite dans nos interventions ?"

Difficile de parler de taux de réussite pour la résolution de problèmes rencontrés par des maîtres dans leur relation avec un chien en raison de la diversité des difficultés vécues dans les familles-meutes d'une part, et de la diversité des facteurs pouvant mener à cette réussite. Dans ces facteurs, l'implication du comportementaliste est évidente, mais celle de toutes les personnes vivant avec l'animal est capitale, puisque ce sont elles qui vont induire les changements. La confiance dans les conseils qui leur sont proposés, ainsi que leur patience et persévérance à les appliquer, venant marquer la différence dans les résultats obtenus. Une réharmonisation rapide et éclatante de la relation avec le chien, chez des maîtres très impliqués, est possible et courante mais des progrès plus inégaux, plus lents sont également observés, menant à des réussites moins totales, néanmoins satisfaisantes.

 

Domlnlque PINEAU (région Parts Ile-de-France):
" L'anthropomorphisme empêche l'humain de penser chien "

Le chien dans l'intimité familiale implique un certain nombre d'obligations : socialisation, hiérarchie, respect des codes canins dans une famille dont le mode de vie sera adapté à ses caractéristiques (race, sexe tempérament).
L'association homme/chien, comparable à une meute, exige un système hiérarchisé réglant la vie en communauté. L'animal a besoin de repérer la dominance par des comportements clairs et signifiants :
la communication est primordiale. Le chien fait partie de la constellation familiale et celle-ci évolue constamment l'équilibre est à réadapter sans cesse. Sa place au foyer est complexe, elle n'est pas la même pour les différents membres. L'anthropomorphisme empêche l'humain de " penser chien " et favorise le fossé qui se creuse entre eux.
À cause de cela, les molosses devenus encombrants ou " agressifs " forment la majorité des abandonnés dans les refuges.

 

Armel BORTLE (région Côte-d'Azur)
" Les molosses" ne sont pas systématiquement agressifs. "


Il n'y a pas plus d'agressivité chez le molosse que dans les autres races.
L'agressivité canine peut être le fait d'une souffrance liée à une maladie, ou provenir d'une fragilité émotionnelle conditionnée par tout le vécu du chien. Étapes capitales pour
prévenir les conduites agressives : aborder le choix du chiot avec sérieux, auprès d'éleveurs engagés dans le respect de la race; la socialisation à toutes sortes de stimulations, entre la troisième et la huitième semaine ; une éducation ferme et cohérente au sein de la famille/meute. L'homme a développé des caractéristiques de puissance et de fort caractère chez nombre de molossoïdes, qui n'ont nul besoin de dressage à l'attaque dans le but d'en faire des machines à tuer. Reste qu'entre certains mâles molosses, les relations peuvent être tendues, et que le fait d'en être averti commande la vigilance aux maîtres responsables.

 

Patrick Le DOEUFF (région Pays de la Loire):
" Ce que l'on peut attendre de nous. "


Le comportementaliste prend en charge la relation homme/animal. Grégaire, le chien vit dans le rapport à l'autre, tant dans sa meute que dans sa famille d'adoption, et avec toute sa spécificité canine.
Le regard du comportementaliste se porte sur ce potentiel relationnel, et ses connaissances en éthologie, psychologie, communication, lui confèrent les compétences pour agir efficacement et rapidement auprès de la famille-meute désorientée.
En général, deux à trois entretiens suffisent Quelques domaines d'intervention : agressivité, destructions, vocalisations, phobies, anxiétés, malpropreté, agitations, léchages, comportements alimentaires, stéréotypies, adoption du chiot ou chien, tous problèmes de hiérarchie.
Le comportementaliste n'intervient que si l'animal est en bonne santé et ses interventions durent d'une
heure et demie à deux heures.

 

Marion GAUVIN (région Auvergne)
" Les comportementalistes peuvent être des médiateurs."

Dans nombre de villes et de villages, les municipalités luttent contre le problème des déjections canines.
Des moyens techniques, chers et souvent peu efficaces, ont été mis en oeuvre dans beaucoup d'endroits. Pourtant, une petite pelle, un sachet et surtout un
changement de mentalité sont les meilleures solutions pour résoudre ce problème.
Par ses interventions, le comportementaliste peut aider à responsabiliser les propriétaires de chiens. Il va dans les écoles pour sensibiliser les enfants qui, à leur tour, motiveront les adultes à une conduite plus citoyenne, plus respectueuse. Avec les élus, il peut mener des campagnes d'explication dans le milieu associatif, aider à organiser des animations autour du chien ayant pour thème la propreté de notre cadre de vie. C'est un exemple du travail de médiateur du comportementaliste, entre la société et les propriétaires de chiens.
P.71

 


Danièle MIRAT (région Paris Ile-de-France)
" Nous aidons les maîtres à entrer dans le monde de leur chien "

Les comportementalistes font un très beau métier ils rapprochent homme et animal, en aidant les maîtres à entrer dans le monde de leur chien pour percevoir ce qu'il comprend. Quand ils s'éloignent, une fois leur travail terminé, qu'ils voient maître et chien mieux se connaître, pour mieux vivre ensemble une relation vraie capable de les transformer tous les deux, les comportementalistes ont alors juste envie que tout le monde sache que c'est possible.

 

Karine VERMOT-GAUD (région Franche-Comté):
" Ils ne sont pas plus difficiles que d'autres. "

Rappelons que le molosse, type dogue, est issu du chien decombat de l'Antiquité et qu'il a ensuite évolué comme chien de chasse au gros gibier, chien de guerre, chien de garde, chien policier, mais aussi chien de compagnie, très protecteur et très proche de son maître. L'homme a su sélectionner des animaux courageux, méfiants, tenaces voire têtus et bagarreurs avec leurs congénères, surtout en cas de croisement avec des terriers (am'staff par exemple), puissants dissuasifs, confiants, qui n'aboient et ne mordent pas sans raison.
Il s'agit donc de leur associer un maître à la hauteur, qui propose une éducation ferme, précoce, rigoureuse, sans brutalité, accompagnée de beaucoup de dépense physique. Il doit favoriser, dès le plus jeune âge, les contacts positifs et fréquents avec tous types de personnes et de chiens. Arrêtons donc de diaboliser le molosse contentons-nous d'éviter les associations malheureuses.

 

Isabelle MALAVAL (région Haute-Normandie)
Le cas de Tinkie

Tinkie, jeune femelle rottweiler de quatre mois et demi " n'en fait qu'à sa ête ", " a beaucoup de caractère ! ", me disait sa maîtresse. Après approfondissement, il s'avère que Tinkie s'est approprié une place sur le canapé, passe la nuit dans la chambre et ne s'endort que dans les bras, réclame sans cesse sorties, jeux et câlins (ces derniers étant prétextes à des mordillements assez forts). En deux entretiens, j'ai expliqué le mode de fonctionnement d'un jeune chien dans une meute, ainsi que le rôle et la fonction du dominant " chef de meute ". La maîtresse a tout de suite reconnu Tinkie dans le dernier portrait! Elle a donc décidé de la reprendre en main. Cela a consisté à inverser la hiérarchie, c'est-à-dire schématiquement, à ne plus céder aux moindres demandes ou désirs de Tinkie. Dorénavant, c'est la maîtresse qui prend les décisions Tinkie a retrouvé sa place, et sa maîtresse, une jeune chienne plus sereine.

 

Krystel NOIRJEAN (région Provence)
Histoire vécue


Victor, shar peï mâle âgé de dix ans, très joueur, est adorable avec les enfants, les adultes, les chats
et les chiennes, mais ne supporte pas les autres mâles.
Acheté par Christian, à l'âge de huit semaines, à un éleveur, il vit depuis en appartement,
dans la région du Luberon.
Depuis deux ans, lorsque Christian s'absente pour son travail, il vocalise et dégrade les coins de meubles et les portes,
excepté la table basse du salon. Ce comportement est l'une des façons d'exprimer son anxiété. Nerveux et très actif,
Christian ne supporte plus cette situation. "Le laisser seul dans cet appartement est devenu impossible,
je n'en peux plus. Que puis-je faire ? "
Trois séances de deux heures ont suffi pour faire disparaître les vocalises et l'activité destructive. Se comporter, c'est communiquer. Comprendre le comportement de l'autre, c'est déjà trouver une solution au problème!
P.72

 

NEW MOLOSSES Hors série n° 2 de mars 2003, p.76 à 80

Comportementalistes : ils ont des solutions
Page 76 Comportement

Chacun cherche son chien Les comportementalistes sont à même de venir en aide aux propriétaires qui se retrouvent dépassés ou qui ont commis des erreurs dans l'éducation de leur compagnon. Seuls les cas vraiment extrêmes sont irrattrapables, et il n'y a finalement pas de honte à faire appel à leurs services. Mais au-delà de leur travail quotidien, qui consiste à rétablir une parfaite harmonie entre l'homme et l'animal, les comportementalistes n'ont de cesse de mettre en garde les futurs acquéreurs. Si les maîtres désemparés constituent leur fonds de commerce, les comportementalistes ne sont pas avares de conseils, bien utiles avant de passer à l'achat du chiot en lui-même. Certains d'entre eux se sont donc réunis ici pour nous commenter différents cas de figure, tirés de leurs propres expériences.
À méditer... car c'est avec des exemples concrets, choisis sur le terrain, que l'on peut prendre conscience de certaines données et éviter ainsi d'aller au devant de déboires.

LA MISSION DU COMPORTEMENTALISTE
Originaire du Royaume-Uni, je travaille comme comportementaliste en Bretagne depuis cinq ans. Je donne des cours avec clicker-training pour chiens de tous âges. Les sujets à problèmes envoyés par leur vétérinaire ont chacun un programme de rééducation adapté. Un chien de compagnie devrait être exactement ce que ce mot suggère ; mais les temps modernes condamnent beaucoup d'entre eux à une vie de solitude, d'ennui et de frustration, avec tous les problèmes qui en découlent. Grâce à une compréhension réelle de leurs besoins physiques, alimentaires et surtout affectifs, ces animaux peuvent être aidés. Mon travail vise à augmenter le niveau de contentement du chien en réduisant son stress, tissant ainsi des liens plus étroits avec son maître. Les chiens ont besoin d'affection, de stimulation et d'une vie structurée. De cette façon, ils deviennent d'excellents chiens de compagnie.
Suzy A. WISHART

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Santé Pratique animaux n° 13 d'Avril 2004 DOSSIER p.4/5/6

Le vétérinaire ou le comportementaliste : A qui s'adresser ?

Interview : Alexandre IMBERT Rédacteur en chef - Rédacteur : Léonard KATZ
 
Lorsque notre chien ou notre chat ne va pas bien, nous songeons immédiatement à appeler le vétérinaire, sans plus nous demander si ce dont souffre notre animal, relève bien de sa compétence.

Depuis un peu plus de dix ans, de nouveaux types de professionnels apparaissent dans l'univers de la santé animale. Certains les surnomment des " psychologues pour animaux ", d'autres les rapprochent des éthologues (scientifiques de l'étude des comportements) on les appelle : comportementalistes.

 

Une profession encore peu connue
Cette profession est apparue aux États-Unis dans les années 70. Les comportementalistes d'alors se comptaient sur les doigts d'une main et se consacraient presque exclusivement aux chevaux - c'est de la vie du plus célèbre d'entre eux, Monty Roberts, qu'a été tiré le film " L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux ".
En France, aujourd'hui, ils sont moins d'une cinquantaine à exercer cette profession pour s'occuper principalement des chiens et des chats. La première école de comportementalistes est née près de Fontainebleau en 1989, fondée par l'éthologiste Michel Chanton.
Depuis cette date, l'influence de ces professionnels n'a cessé de grandir mais on est encore loin d'une reconnaissance officielle car les comportementalistes dérangent. Ils bousculent nos habitudes, nous qui, propriétaires d'animaux, avons toujours voulu penser que l'amour que nous portons à nos compagnons suffisait à assurer leur équilibre psychique. Ils viennent également troubler l'équilibre qui s'était établi entre les différentes professions qui gravitent autour des animaux : vétérinaires, bien entendu, mais aussi dresseurs ou éducateurs canins…
Deux approches complémentaires de l'animal
Pourtant, les comportementalistes ne cherchent pas à se substituer aux autres professionnels ni à empiéter sur leurs différents domaines d'intervention. Ils prétendent seulement qu'une dimension importante de l'animal a été sous-estimée jusqu'ici et qu'elle doit être mieux prise en compte aujourd'hui. " Notre profession est née de la constatation que tous les problèmes de nos compagnons ne relèvent pas forcément de pathologies organiques, pour lesquelles une médicalisation ne sera pas opérante, pas plus que le dressage du chien d'ailleurs. Il faut voir l'animal de compagnie comme un membre à part entière de la cellule familiale et on imagine alors aisément que la relation qui se crée peut être à l'origine de différents troubles que la simple administration d'un médicament ne suffira pas à résoudre " explique ainsi Danièle Mirat, comportementaliste et spécialiste de la relation homme/chien. Beaucoup de vétérinaires valident cette analyse : " Il y a des animaux qui changent de comportement en raison des maux dont ils souffrent, et dans ce cas, le traitement relève, bien évidemment, de la responsabilité unique du vétérinaire. Mais ce n'est pas toujours le cas, loin de là " confirme Jacqueline Peker, " durant toutes les années où j'ai exercé, en tant que vétérinaire, j'aurais adoré pouvoir m'adresser parfois à un comportementaliste pour m'aider à résoudre les problèmes des animaux que l'on m'amenait au cabinet ".

 

L'enseignement vétérinaire évolue.
Jusqu'à la fin des années 90, la médecine vétérinaire officielle, ne s'est pas préoccupée des troubles " psychologiques " des animaux. Mais les mentalités évoluent : " Avec les années, les choses ont changé. On a longtemps taxé les vétérinaires qui s'intéressaient à ces problèmes d'anthropomorphisme, de vouloir appliquer des éléments de psychologie humaine aux animaux. Mais aujourd'hui personne ne peut plus nier que l'homme a une influence sur l'animal, tout comme l'animal - le chat en particulier - peut influencer l'homme ". L'enseignement vétérinaire classique, intègre d'ailleurs, depuis quelques années, cette notion. Il existe en effet aujourd'hui une formation de " vétérinaire comportementaliste. Les vétérinaires y reçoivent 120 h sur 3 semaines de cours d'éthologie, de pathologie comportementale et psychopharmacologie (médicaments à effets comportementaux). Malheureusement, cette formation se limite à ce que l'on appelle les psychopathologies et continue de se focaliser sur l'analyse du symptôme plutôt que de s'intéresser en priorité à la relation homme/animal. Bien peu d'élèves vétérinaires choisissent cette voie : on dénombre moins de cinquante diplômés en France aujourd'hui et la prise en compte des paramètres comportementaux reste très prudente. En dehors de la voie vétérinaire " pour être comportementaliste il existe aujourd'hui trois écoles privées en France " explique Françoise Gaudron, comportementaliste de la première heure. " Différentes possibilités de formations sont proposées, à distance ou non, comprenant plus de 200 heures de cours, stages pratiques, études de cas et autant de devoirs et travail personnel, pour une approche dirigée sur la relation de l'homme à son animal ".

 

Des spécialistes à l'écoute
Ici, comme dans beaucoup d'autres professions liées à la santé, rien ne remplace en effet l'expérience du terrain et la pratique de l'écoute des propriétaires d'animaux. Elle est primordiale dans le métier de comportementaliste animalier et les entretiens ne durent jamais moins de deux heures afin d'identifier précisément l'origine des troubles dont souffre l'animal, ou ses maîtres... En général, il suffit de deux ou trois séances souvent à domicile et parfois chez le praticien, pour faire le bilan et prodiguer les conseils utiles. La séance coûte entre 75 et 100 €,* ce n'est pas neutre, même lorsque l'on aime son animal par dessus tout, c'est pourquoi il faut prendre son temps pour choisir le meilleur professionnel.

 

Comment repérer les amateurs ?
Il y a des trucs pour éviter les amateurs.
Le premier : se fier au bouche à oreille, un propriétaire satisfait est souvent le gage d'un bon diagnostic.
Le second est encore plus simple : avant de confier votre problème au comportementaliste que vous avez sélectionné, demandez lui comment il travaille. S'il vous parle de séance-type, de questionnaire-type ou de " rééducation ", choisissez-en un autre ! Un bon comportementaliste vous dira sans doute uniquement qu'il travaille sur
" votre relation à votre animal ".

Ne vous méprenez pas, le comportementaliste ne vous fera jamais d'ordonnance, il ne vous conseillera même par d'employer tel ou tel antiparasitaire ou d'adopter un régime alimentaire ou un autre. En revanche, il vous apprendra à comprendre comment votre animal interprète votre comportement, quels sont les signes que vous émettez et qui le poussent à agir comme il le fait, il vous apprendra également comment gérer la distribution des aliments. " Finalement, nous nous occupons surtout des maîtres " explique, avec une pointe d'ironie Danièle Mirat, " Nous ne sommes pas là pour nous substituer aux vétérinaires. D'ailleurs, nous conseillons de consulter le vétérinaire préalablement pour s'assurer que le trouble du comportement n'est pas l'effet d'une pathologie. Mais lorsque l'hypothèse de la maladie est écartée, il faut alors se retourner vers le comportementaliste pour tous comportements inexpliqués, inappropriés, dangereux, gênants, indésirables… plutôt que d'avoir recours sans autre analyse aux calmants, aux antidépresseurs ou au dressage de l'animal ".

 

Vétérinaire ou comportementaliste à chacun son métier
On devrait faire appel au comportementaliste
avant que les problèmes n'apparaissent et en particulier avant même d'acquérir ou recueillir un compagnon.
Il vous conseillera sur l'espèce et la race à choisir en regard de votre mode de vie et même la manière de choisir un petit dans une portée. A l'arrivée d'un chiot dans le foyer il vous aidera à organiser la relation et vous conseillera en premier lieu pour le délicat apprentissage de la propreté.
A ce même moment, il faut se tourner aussi vers le vétérinaire qui vérifiera le bon état de santé de votre protégé. C'est lui qui procédera au suivi des vaccinations et vous donnera les conseils alimentaires adaptés selon l'animal que vous avez choisi de faire entrer dans votre foyer et selon son âge. Un mois après, l'avis du comportementaliste s'avère aussi nécessaire dans certains cas, pour parfaire l'établissement d'une relation harmonieuse. Au bout d'un an, les rappels de vaccination sont du domaine vétérinaire.
L'avis du comportementaliste peut s'avérer aussi nécessaire lorsque survient l'adolescence (entre 9 mois et 22 mois selon les races de chiens) on assiste souvent à une flambée de problèmes.
Il pourra même être utile de vous adresser en plus à un éducateur canin (dresseur) qui vous donnera les moyens d'avoir un bon contrôle de l'animal, notamment en ville, pour éviter tout problème lors des promenades et sorties. Plus tard, à l'occasion de tout changement de l'équilibre familial (divorce, décès, naissance, départ d'une enfant du foyer, déménagement ou même départ en vacances) vous et votre animal pourrez tirer de grands bénéfices d'une nouvelle consultation auprès d'un comportementaliste.


Le comportementaliste et le vétérinaire
sont des professionnels parfaitement complémentaires dont les interventions apporteront, chacune à leur manière, une grande harmonie dans votre relation avec votre animal.
Déjà, dans certaines villes, des binômes de vétérinaires et comportementalistes se constituent. Ces " couples " sont encore peu nombreux du fait de la méfiance de nombreux vétérinaires envers les comportementalistes. Et pourtant, de l'aveu même des propriétaires d'animaux une collaboration étroite est idéale pour accompagner ceux qui se soucient du bien-être complet de leur compagnon.

 

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* Tarifs de la région parisienne. Moins élevés en Province (Remarque personnelle)
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